Agrandissement du port de Québec: le BAPE enquêtera

Le port de Québec... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le port de Québec

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) L'agrandissement du port de Québec sera soumis à un examen de répercussions sur l'environnement conduit par le BAPE, un exercice mené conjointement avec le Port, qui conduit son évaluation en vertu de la loi fédérale.

Le ministre québécois David Heurtel a indiqué au Soleil qu'il s'est entendu récemment avec les responsables de l'administration portuaire de Québec, à ce sujet.

Pendant des mois, les dirigeants du port ont résisté à laisser le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) se saisir du dossier. Ils considéraient que seul Ottawa avait juridiction sur ce territoire et que Québec n'avait pas à s'en mêler.

David Heurtel a admis que «nous recommençons à refaire les ponts» avec les dirigeants de l'Administration portuaire. «Il y a encore des litiges en cours. Mais ça montre que, lorsqu'on se parle, on est capable de collaborer» avec Ottawa, a-t-il soumis. «Nous essayons de repartir sur de nouvelles bases.

«Nous tiendrons des audiences conjointes, au lieu d'avoir deux séries» d'auditions, a fait savoir le titulaire du portefeuille de l'Environnement et du Développement durable. Elles répondront à la fois au questionnement fédéral et à celui du BAPE, a-t-il repris.

Sa préoccupation comme ministre, «c'est que les lois québécoises s'appliquent» partout en sol québécois. Il s'est félicité de travailler en collaboration avec le Port. «[...] Ce que nous recherchons comme ministère, c'est de rassurer la population sur des questions très légitimes. Elles recoupent les thèmes que nous soulevons.»

Car les consultations porteront «spécifiquement» sur trois axes. Au premier chef, la qualité de l'air, question «d'éviter» de nouveaux épisodes de «poussières rouges», des émanations de nickel qui ont semé l'inquiétude dans Limoilou et les alentours. La nature des substances qui transiteront par les nouveaux quais en fera partie.

Sujet qui enflamme littéralement les esprits, le pétrole, son stockage et son acheminement formeront un autre bloc du mandat du BAPE, «même si les indications du Port de Québec, c'est que ce ne sera pas pour un port pétrolier.

«Est-ce que l'agrandissement amènera plus de pétroliers? Plus de stockage? Plus de circulation [maritime]? Plus de convois» de trains? a énuméré M. Heurtel. La sécurité et la protection de l'environnement seront au coeur du questionnement.

Finalement, les répercussions sur le fleuve lui-même seront regardées. Aux impacts possibles sur la faune et la flore, s'ajoute la remise en circulation de matières déposées sur le lit du Saint-Laurent qu'entraînent forcément des travaux de réaménagement portuaire, a évoqué M. Heurtel.

La date pour entendre experts et population n'est pas encore connue. «Dès que le projet sera annoncé, nous pourrons faire un échéancier. On nous l'a promis [le dévoilement des plans] pour bientôt. Nous nous attendons à nous mettre au travail cette année.»

«C'est très important de dire que nous n'avons pas encore le projet» dans sa conception finale, a poursuivi M. Heurtel. Il n'a pu préciser si des nouvelles installations pour accueillir des croisiéristes seront à l'ordre du jour. «S'il y a impact environnemental, nous le regarderons.»

Chose certaine, le BAPE n'examinera pas l'aménagement d'un port pétrolier qu'aurait pu vouloir construire à Québec TransCanada. Le site alternatif à Cacouna n'est pas arrêté et la pétrolière a une étude concluant que le choix du port de Québec représente des défis économiques et techniques quasi insurmontables.

Quai en eau profonde

Les audiences ne porteront pas davantage sur la possibilité d'aménager un duc-d'albe, un quai en eau profonde qui permet d'approvisionner en vrac liquide, par des pipelines sous-marins, des navires sans qu'ils ne touchent la côte. Ce projet de 140 millions $ est reporté à une date indéterminée.

Le BAPE examinera la première phase de la modernisation du port. En avril, Le Soleil rapportait que ce premier volet consiste à prolonger les quais sur 610 mètres et à reconfigurer la plage de la baie de Beauport.

David Heurtel en a profité pour critiquer le Parti québécois d'avoir fait de l'agrandissement un enjeu électoral pour l'élection complémentaire dans Jean-Talon. Le candidat Clément Laberge s'est notamment inquiété du transport de matières dangereuses par voie ferrée, près de la piste cyclable et des résidences, le long de boulevard Versant Nord. «Je trouve que c'est très électoraliste et prématuré de la part du Parti québécois d'essayer d'amener ça dans la campagne alors qu'on ne sait même pas c'est quoi le projet», a laissé tomber le ministre de l'Environnement.

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