Protection des milieux naturels: Lévis met fin au «cas par cas»

Une fois le nouveau dg déniché, le maire... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Une fois le nouveau dg déniché, le maire Gilles Lehouillier mettra un terme à la «modernisation» de la direction générale de la Ville.

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(Québec) La Ville de Lévis s'est dotée mercredi de zones vertes qui seront dorénavant intouchables. Ces boisés, berges, crans rocheux et milieux humides, qui couvrent 12 % de son territoire urbanisé, ne pourront plus être la cible des promoteurs.

Cette initiative sert autant les objectifs écologiques que les visées économiques de la Ville, a assuré le maire Gilles Lehouillier, en conférence de presse, mercredi. 

Au lieu d'attendre un an, parfois deux, avant que le ministère de l'Environnement ne donne sa bénédiction à des projets de développement en milieu humide, la Ville a pris «le taureau par les cornes», selon l'expression du maire Lehouillier, et s'est dotée d'un plan de gestion des milieux naturels. 

«Là, le deal avec le Ministère est fait», lance M. Lehouillier, visiblement satisfait. Ce deal, c'est que le ministère donnera plus facilement son approbation pour la construction en milieu humide, parce qu'en échange, la Ville de Lévis aura déjà prévu des terrains de compensation, dans ses nouvelles zones vertes.  

«Ça va nous éviter des études inutiles. Avant, c'était souvent du cas par cas et celui qui crie le plus fort obtient ce qu'il veut», déplore le maire, qui fait également le pari que les promoteurs gagneront du temps et de l'argent.

«C'est une bonne initiative, parce qu'il y a une partie du travail qui est faite. Ça va alléger le processus pour nous», soutient pour sa part Frédéric Fournier, responsable des communications à la direction régionale du ministère de l'Environnement. 

Le choix des zones vertes s'est fait en fonction de la valeur écologique, mais aussi de la valeur paysagère et sociale des secteurs. Le maire Lehouillier raconte que cet hiver, il a chaussé ses raquettes pour monter au sommet d'un cran rocheux dans Saint-Romuald, situé entre le nouveau magasin Costco et un ensemble résidentiel. Il s'est dit surpris par la quiétude que procurait ce promontoire naturel. «C'est inimaginable à quel point on affecterait la vie des gens si on ne conservait pas ce cran rocheux», donne-t-il comme exemple. 

Un marché des terrains verts

Le maire Lehouillier ne pense pas se mettre à dos les propriétaires de terrains qui sont désormais interdits à la construction. Ces terrains conserveront une valeur, selon lui, car ils pourront être vendus comme terrains de compensation. Au fond, il devrait se créer un marché des terrains verts à Lévis, qui fonctionnerait sur le même principe que le marché du carbone. 

Le plan de gestion des milieux naturels sera présenté en détail lors d'une séance d'information qui aura lieu le 13 mai, au Centre Raymond-Blais. Il sera ensuite inséré dans le schéma d'aménagement de la Ville.

Cette annonce s'inscrit dans la même lignée que celle du 16 avril, alors que la Ville de Lévis avait présenté une cartographie de tous ses cours d'eau, en collaboration encore une fois avec le ministère de l'Environnement.

Et le zonage à Québec?

La Ville de Québec a déjà son Plan directeur des milieux naturels et de la forêt urbaine, publié en 2007. Par contre, ce plan ne cartographie pas tous les milieux humides du territoire, en précisant où l'on peut faire du développement, et où c'est interdit. Ce qui peut mener à des situations pour le moins irritantes.

En juin dernier, le promoteur Sébastien Leboeuf s'est vu refuser son permis de construction pour le projet Nodélo, au nord de la rue Georges-Muir, en raison des règles de préservation des milieux humides. À ce moment-là, le maire Régis Labeaume avait plaidé pour que les municipalités aient juridiction sur les milieux humides, au lieu d'être à la remorque du ministère de l'Environnement. Les promoteurs sauraient ainsi plus vite si leur projet est plombé par des considérations écologiques. 

En un mot: milieu humide

Étang, marais, marécage ou tourbière. Il est mondialement admis aujourd'hui que les milieux humides, perçus comme des terres inutilisables par le passé, jouent un rôle crucial dans l'écosystème. Au Québec, ils sont protégés depuis 1993. Un certificat d'autorisation doit être délivré pour toute construction en milieu humide. 

Source: ministère de l'Environnement du Québec

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