Table ronde à Québec: le développement durable fait consensus

Le ministre des Finances du Québec Carlos Leitao... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le ministre des Finances du Québec Carlos Leitao et la présidente de Gaz Metro et coprésidente de la Table ronde canadienne sur l'économie verte, Sophie Brochu

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Des écologistes, des gens d'affaires, des membres d'associations et des syndicalistes provenant de partout au Canada ou presque ont donné une tournure presque inespérée à la Table ronde canadienne sur l'économie verte où l'enthousiasme était palpable alors que se dégageait un consensus sur l'importance de mettre un prix sur le carbone et de favoriser un développement urbain durable, soutient Sophie Brochu, coprésidente de l'événement et présidente de Gaz Métro.

«C'était un succès de réunir autant de gens de toutes provenances, affirmait-elle. Toute la journée, nous avions un vent arrière qui nous a fait faire un bond plus grand que prévu où tous comprennent que l'économie verte ne va pas à l'encontre de l'économie traditionnelle», avoue-t-elle au sortir de la journée en ateliers de travail et de réflexion qui se tenait hier au Centre des congrès de Québec.

Il était clair que les provinces ne doivent pas attendre le gouvernement fédéral pour agir, car elles ont la structure de proximité qu'il faut pour être efficace dans leur milieu, continue-t-elle. Avec l'arrivée de l'Ontario dans le marché du carbone, avec le Québec et la Colombie-Britannique, 74 % de la population canadienne est maintenant touchée par le virage vers une économie verte.

Leadership du Québec

D'ailleurs, au moment de la plénière finale, le ministre de l'Environnement ontarien, Glen R. Murray, affirmait que sa province n'aurait pas pu avancer aussi rapidement ni aussi loin dans le virage de l'économie verte sans le leadership du Québec.

«Il nous reste maintenant à partager notre enthousiasme aux autres provinces, ajoute Mme Brochu, en acceptant les inquiétudes et les réticences de chacune des provinces qui n'ont pas le même point de départ» devant les changements climatiques et à l'émission des gaz à effet de serre (GES). Les solutions passent par les provinces, croit-elle.

Cependant, elle estime que les provinces doivent maintenant inviter le gouvernement fédéral à faire du Canada un leader de l'économie verte à cause de leurs actions et en raison de leurs prises de position puisque les trois provinces les plus importantes en termes de population ont décidé de faire un pas pour que les choses changent. «Il ne faut pas attendre la perfection pour décider d'avancer», soumet-elle.

Prix du carbone

En journée, les quelque 200 décideurs d'un peu partout au pays ont discuté du prix pour ces fameuses émissions de GES. Alors que la Colombie-Britannique a choisi le mode de la taxe, le Québec et l'Ontario misent avec la Californie sur le marché du carbone.

Au départ de l'atelier de la matinée, Guy Drouin, président de Biothermica et entrepreneur dans l'économie verte, affirmait que comme il est possible de mettre un prix sur un mètre cube de gravier, il est tout aussi possible de le faire sur un mètre cube de gaz à effet de serre (GES) tout en mesurant la valeur d'un mètre cube d'air pur.

Mettre un prix sur le carbone, c'est une voie d'avenir pour l'économie verte, soutenait Chris Ragan, président de la Commission de l'écofiscalité du Canada, même s'il ne faut pas attendre le fédéral pour bouger. «Nous sommes encore loin d'une politique canadienne sur le carbone», avouait-il, d'autant plus qu'il y aura des élections fédérales cet automne.

Le marché du carbone n'est pas un permis de polluer

Contrairement à la croyance populaire, le marché du carbone et l'échange de crédits d'émission de gaz à effet de serre (GES), ce n'est pas un droit de polluer pour les entreprises.

Au contraire, le système est un incitatif pour les grands émetteurs de GES à implanter de meilleures pratiques dans leurs usines.

«Les entreprises ont des plafonds à respecter chacune selon leur secteur», explique Guy Drouin, président de Biothermica, qui vend des crédits carbone dans le marché réglementaire où l'entreprise privée n'a que 8 % des parts alors que le gouvernement vend aux enchères 92 % des crédits.

Ce n'est pas un permis de polluer, mais une limite à la production de carbone dans l'atmosphère. Si, dans un secteur industriel donné, la limite est de 100 000 tonnes, par exemple, et que l'usine produit 180 000 tonnes, les propriétaires devront acheter des crédits pour l'excédent de 80 000 tonnes.

Avec un plafond qui s'abaisse, les industriels ont tout intérêt à réduire leur émission de carbone par de nouveaux procédés de production à l'aide de nouvelle technologie de captation du carbone.

«Plusieurs entreprises se servent de la réduction de leurs émissions comme avantage concurrentiel, soutient pour sa part Denis Lelerc, président d'Écotech Québec, en faisant valoir que leur pratique bénéficie à l'environnement, à la santé des gens et à l'économie.»

Puisque le système fonctionne comme la Bourse pour l'échange des valeurs mobilières, certains achètent plus de crédits que nécessaire parce qu'ils prévoient une expansion de l'usine ou pour les revendre à bon prix plus tard.

Fonds vert

L'argent que le gouvernement du Québec amasse par le marché du carbone (tinyurl.com/mubfaxu) va directement dans le Fonds vert pour être réinvesti dans le programme de réduction des GES. Ces redevances devraient totaliser quelque 3 milliards $ en 2020.

«Le système n'est pas parfait, mais il est sérieux et bien organisé», estime Guy Drouin. C'est un moyen rapide pour réguler le marché et diminuer les émissions de GES. Il souhaiterait que la part du secteur privé passe à 16 % de sorte qu'il y aurait une plus grande implication des entrepreneurs possédant les technologies de réduction à prendre de la place sur ce marché du carbone.

Et l'effet de cette Bourse, ajoute Denis Lelerc, c'est la création de technologies innovantes, d'emplois et d'une expertise que le Québec peut exporter dans les autres provinces canadiennes, et ailleurs dans le monde, tout en faisant rouler l'économie québécoise.

En plus du marché réglementaire, il y a au Québec la Coop Carbone, un projet unique au monde qui existe depuis six mois (www.coopcarbone.coop). «La coopérative a racheté ÉcoRessources, explique Jean Nolet, directeur général de la coop, avec l'objectif de diminuer l'utilisation des combustibles fossiles et par le fait même les émissions de GES.»

Cette coopérative fait son argent en gérant les crédits carbone pour des clients émetteurs de GES pour réinvestir dans les projets de réduction des combustibles fossiles dans les secteurs agricoles, forestiers et municipaux.

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