On discute prix du carbone à Québec

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Le commissaire à l'environnement et au développement durable, Scott Vaughan.

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(Québec) Bourse du carbone ou taxe du carbone? Peut-on mettre un prix sur les émissions de carbone? Est-ce que les Québécois et les Canadiens sont prêts à faire des efforts et à prendre le virage vert? Quelles mesures prendre pour faire passer le message dans la population et chez les élus? Telles sont les questions qui ont servi à alimenter les débats en matinée lundi à la Table ronde canadienne sur l'économie verte.

Au départ de l'atelier, Guy Drouin, président de Biothermica et entrepreneur dans l'économie verte, affirmait que comme il est possible de mettre un prix sur un mètre cube de gravier, il est tout aussi possible de le faire sur un mètre cube de gaz à effet de serre (GES) tout en mesurant la valeur d'un mètre cube d'air pur.

Mettre un prix sur le carbone, c'est une voie d'avenir pour l'économie verte, soutenait Chris Ragan, président de la Commission de l'écofiscalité du Canada. Mais les élus auront des choix à faire. Cependant, les provinces ne doivent pas attendre que le fédéral bouge. La preuve, la Colombie-Britannique avec sa taxe sur le carbone et le Québec avec sa bourse ont pris les devants. «Nous sommes encore loin d'une politique canadienne sur le carbone», avouait-il, d'autant plus qu'il y aura des élections fédérales cet automne.

Pour lui, Scott Vaughan, président et chef de la direction de l'Institut international du développement durable, il ne faut pas attendre de miracle des ententes internationales sans prendre le temps d'expliquer clairement les enjeux. «Le public doit entendre ce que l'économie verte peut apporter en termes de développement économique et de création d'emplois. Oui, il y aura des pertes d'emplois dans certains secteurs, mais dans d'autres secteurs, il y aura création d'emplois de sorte que le bénéfice net sera positif.»

À son avis, il faut accélérer les actions concrètes pour que le public suive la parade. Il estime que le public comprend mieux les enjeux que les bureaucrates. «Avec ou sans accord à la rencontre de Paris, continue-t-il, il faut continuer les efforts et mettre l'accent sur les façons de faire des progrès» en matière d'économie verte.

L'entrepreneur Guy Drouin s'inquiète toutefois pour le monde des affaires s'il ne se dégage pas d'accord clair lors du sommet climatique de Paris. «Ce serait un mauvais message pour les investisseurs et les entrepreneurs, précise-t-il. Si c'est un échec, la Californie et le Québec seront seuls au monde», et le prix des crédits carbone sera en chute libre.

Selon lui, il faut un accord pour les 25 prochaines années, et des pénalités pour les pays qui se retireront de cet accord dont il faut absolument assurer la pérennité.

GES: lueurs d'espoir malgré l'ambivalence

Au moment où l'Ontario emboîte le pas au Québec et à la Californie dans le marché du carbone, les participants aux ateliers de réflexion n'étaient pas certains que toute la population était prête à faire les efforts nécessaires. Certains analysant le comportement individuel affirmaient avec vigueur qu'il y avait encore beaucoup d'éducation à faire en matière de protection de la planète. Si l'ambivalence semble encore avoir une bonne prise dans la population, il y a aussi de nombreuses lueurs d'espoir pour la majorité des participants.

L'un d'eux soulignait qu'il y a 20 ans, à part les gens de Greenpeace, personne ne croyait au réchauffement de la planète. «Aujourd'hui, sauf pour les membres du Parti républicain aux États-Unis, lançait-il, personne ne doute que cela soit vrai.»

Pourtant, les véhicules polluants, tels les VUS, ont vu leur popularité croître ces dernières années au détriment des véhicules moins polluants. D'un autre côté, si les citoyens se faisaient enlever leur bac de recyclage, cela provoquerait une crise alors qu'ils se préparent à recevoir le bac à compost.

Or, pour la majorité des gens présents, il faut agir, non seulement en éduquant la population sur les effets positifs de la réduction des gaz à effet de serre (GES) pour l'environnement, pour l'emploi et l'économie globale, mais il faut aussi envoyer un message fort et clair aux élus afin qu'ils mettent en place des politiques cohérentes le plus rapidement possible.

Une taxe ou la bourse du carbone comme solution?

Les deux options ont des avantages et des inconvénients, selon les commentaires entendus pendant la séance de travail. Une taxe invisible comme celle sur le prix de l'essence ne convaincrait personne. Pire, rien ne garantirait que les revenus de la taxe seraient injectés dans la diminution des GES. Pire encore : si la taxe ne touchait que les industries, la facture serait refilée aux consommateurs. La taxe verte sans garantie d'une bonne utilisation serait inefficace et pourrait affaiblir la compétitivité des produits canadiens sur les marchés.

Certains affirmaient que la taxe «devrait frapper un grand coup», comme ce fut le cas avec les cigarettes pour montrer l'importance du geste. Fumer n'est plus toléré, et l'on devrait faire de même avec les GES et la pollution.

Il faut donc, disait-on, que la fiscalité encourage l'économie verte comme l'utilisation de la bonne énergie au bon endroit. Il faudra même une harmonisation nationale, voire internationale pour que la compétitivité demeure.

Pour d'autres, il faut plus que des technologies pour apporter des solutions, mais une volonté des entreprises, comme des citoyens, à faire des gestes. «Ce n'est pas simplement un enjeu de société, il faut des actions individuelles et collectives pour atteindre le but ultime. Il faudra qu'il y ait du leadership à tous les niveaux d'intervention.»

Pour plusieurs, l'innovation, associée à la technologie, sera créatrice d'emplois en réduisant les gaz a effet de serre. Elle sera aussi génératrice de revenus pour les gouvernements, les entreprises et la société.

Somme toute, il y a une notion d'urgence dans les débats sur le fait qu'il faut agir dès maintenant individuellement, collectivement et mondialement.

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