L'Ancienne-Lorette: un barrage amovible dans la mire

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L'achat du barrage amovible ne signifierait pas la fin des sacs de sable installés en bordure de la rivière Lorette, mais plutôt un moyen de «protection supplémentaire», selon la Ville de L'Ancienne-Lorette.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) L'Ancienne-Lorette prépare la saison des inondations. Elle magasine notamment un barrage portatif assez résistant pour retenir au moins 67 cm d'eau qu'elle pourra déployer n'importe où, n'importe quand, le long de la rivière Lorette.

«On demande 500 pieds de barrières [environ 152 mètres]», commente Marie-Ève Lemay, la directrice du cabinet du maire Émile Loranger. Un outil de plus pour les autorités de la municipalité habituée aux débordements.

Il ne faut toutefois pas percevoir dans cette démarche de la mairie l'annonce du démantèlement de la palissade de sable érigée en 2013. Vous vous souvenez? Celle composée d'immenses poches de plastique de plus d'une tonne chacune... «Non, ça ne veut pas dire que c'est la fin des sacs de sable à L'Ancienne-Lorette», tranche Mme Lemay. «Pour se donner une protection supplémentaire, on a voulu quelque chose de plus mobile parce qu'on ne sait pas, on ne peut pas toujours prévoir quel chemin va prendre l'eau.»

Il ne faudrait pas plus percevoir dans cet achat un aveu de faiblesse de la digue de sable. «On a confiance en les sacs qu'on a installés; ça longe tout le long de la rivière. Mais si jamais il y avait un besoin de stopper ailleurs, de retenir l'eau ailleurs...»

La municipalité a-t-elle déjà identifié des secteurs menacés qu'elle entend protéger grâce à l'acquisition? «Il n'y a pas d'endroits précis. C'est pour être plus mobile et parer vraiment à toute éventualité en cas d'inondations.»

Moins de 100 000 $

Mme Lemay ne donne pas de détails précis sur le produit recherché. Et elle ne veut pas s'avancer sur sa valeur estimée afin d'éviter que les fabricants gonflent leur prix, l'appel d'offres étant toujours en cours : «Ce n'est pas dans l'intérêt de la Ville, ce n'est pas dans l'intérêt des citoyens, que je vous dise ça maintenant. [...] Honnêtement, on le voit en bas de 100 000 $.»

La règle n'obligeait pas L'Ancienne-Lorette à lancer un appel d'offres public sous ce seuil de 100 000 $, dit-elle. On aurait pu sélectionner deux ou trois fournisseurs, leur demander un prix et octroyer le contrat sur-le-champ. «Sauf que nous, on a choisi d'aller en appel d'offres public pour avoir le plus de soumissionnaires possible.»

On espère tester le nouveau barrage amovible rapidement, dès la présente saison de fonte. Mme Lemay admet néanmoins qu'il faudra d'abord recevoir les soumissions [d'ici mercredi], les analyser, choisir le produit répondant aux besoins, signer le bon de commande... Ensuite, le gagnant aura 14 jours pour livrer la marchandise. Il faudra peut-être attendre l'automne pour parer aux attaques de la Lorette avec l'arme neuve.

Sujets litigieux

Les sautes d'humeur de la rivière Lorette et les parades des villes riveraines pour la contenir sont sujets de litiges, font périodiquement la manchette. «Vous avez sûrement entendu parler des fameux sacs de sable sur le bord de la rivière Lorette!»

La directrice de cabinet de la mairie de L'Ancienne-Lorette, Marie-Ève Lemay, explique que pour se protéger des flots, la Ville a installé sa digue dans le secteur le plus à risque, tout près de sa frontière avec la capitale. Québec s'en plaint vigoureusement, plaidant que l'eau ainsi canalisée augmente de débit, augmente le risque d'inondation en aval sur ses terres.

Jusqu'au ministère de l'Environnement qui a demandé avec insistance la démolition de la muraille... toujours en place.

Alors, où est situé cet imposant barrage artificiel qui fait couler l'encre et parler les critiques? «C'est sur les rives de la rivière Lorette [...] à peu près de la rue Saint-Paul à aller jusqu'en bas, au boulevard Hamel.» Le cours d'eau poursuit ensuite sa route dans la capitale.

L'Ancienne-Lorette escompte cependant retirer ses gros sacs de sable dès que la Ville de Québec et le ministère des Transports auront exécuté des travaux qui devraient juguler définitivement la rivière. «On est vraiment confiant que les choses vont être réglées.» Le vaste chantier devrait se poursuivre cet été et se conclure en 2016.

«La crue est commencée»

Le dégel a été tardif. Mais il est commencé. Et la Sécurité civile surveille les rivières, surtout en Chaudière-Appalaches.

«On est vraiment en période de fonte. [...] Depuis cette fin de semaine, on a eu des températures chaudes. Il fait très beau», observe France-Sylvie Loisel, directrice Sécurité civile et incendie au ministère de la Sécurité publique. «La crue est commencée.»

Mme Loisel s'occupe de trois régions : le Nunavik, la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches. Justement, c'est dans cette dernière qu'on trouve les seuls cours d'eau classés pour l'instant «sous surveillance», la Beaurivage et la Chaudière.

Surprenant pour un avril bien entamé? «Oui, effectivement, c'est tardif. On a quand même eu un hiver assez froid. Ça se fait lentement.»

«Pas d'impacts majeurs» à signaler. Il y a bien ces sous-sols mouillés... mais l'attaque ne vient pas des cours d'eau. Le sol encore congelé après un hiver rude n'absorbe pas la fonte qui se faufile jusque dans les maisonnées, note Mme Loisel.

Prochains jours cruciaux

Les prochains jours seront toutefois cruciaux. «C'est là qu'on va voir ce qui va se passer.» On annonce un thermomètre chaud. S'il pleut, le débit des rivières pourrait s'accélérer, pousser les glaces, puis causer des embâcles.

Dans plusieurs municipalités, des travaux pour affaiblir les glaces ont cependant été effectués avant le réchauffement. À Saint-Raymond et Beauceville, par exemple.

Le problème avec les embâcles, c'est leur imprévisibilité, ajoute Mme Loisel. «On ne sait jamais où ça peut se former.»

Pour des renseignements sur les inondations, sur ce qu'on doit faire si notre maison est touchée, pour se préparer à un sinistre, etc. on visite le site Web du ministère de la Sécurité publique dans la section sécurité civile. Et si on est témoin d'un débordement, on appelle sa municipalité.

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