L'hiver «officiellement» terminé

Même si le printemps commence officiellement aujourd'hui, avec... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Même si le printemps commence officiellement aujourd'hui, avec une météo relativement clémente, le temps froid n'est pas prêt de nous quitter.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) L'hiver prend officiellement fin ce soir, à 18h45 précisément. Il faudra malheureusement attendre encore un peu avant de pousser un soupir «officiel» de soulagement, car Environnement Canada nous prédit deux nuits très froides en fin de semaine (- 17 °C). Mais il est d'ores et déjà acquis que cet hiver fut particulièrement glacial au Québec, même s'il fut très chaud à l'échelle du globe. Et on croit bien avoir trouvé le coupable...

Si étonnant que cela puisse paraître vu d'ici, les mois de janvier et de février ont été les deuxièmes plus chauds jamais enregistrés dans le monde, et la période de décembre à février fut globalement l'hiver le plus chaud depuis 1880, a fait savoir récemment l'Administration océanique et atmosphérique américaine. Ce qui n'a pas empêché le sud du Québec de claquer des dents.

«On a clairement été en dessous des moyennes», dit Simon Legault, météorologue d'Environnement Canada. «En février, surtout, il a fait froid, et froid de façon très continue, il n'y avait pas de redoux. Habituellement, on peut s'attendre à avoir des petits réchauffements ici et là, qui viennent souvent avec de grosses tempêtes du sud. Mais on n'a pas eu ça en février.»

Ça n'avait pourtant pas si mal commencé. En janvier, la température moyenne à l'aéroport Jean-Lesage a été de - 14,8, à peine deux degrés sous la normale. Mais les choses se sont corsées en février, avec une moyenne de presque - 18 °C, contre une normale de - 11. Et l'écart s'est avéré encore pire pour les «minimums quotidiens» (le moment où le mercure est à son plus bas dans une journée, habituellement au lever du soleil) : il faisait en moyenne - 24 °C quand monsieur et madame Tout-le-monde sortaient de la maison pour aller travailler, le mois dernier, alors que le minimum quotidien est normalement de - 15,6 °C en février.

Et le mois de mars ne donne pas sa place jusqu'à présent. Pour les 21 premiers jours de mars de 1996 à 2014, la moyenne de température est de - 5,4 °C et le minimum moyen, de - 10,1, mais les trois dernières semaines nous ont plutôt donné une moyenne de - 9,4 °C et des minimums de - 16,3.

Alors, que s'est-il passé? Il semble que nous ayons eu droit à une manifestation forte et persistante d'un phénomène atmosphérique nommé Mode du Pacifique Nord, dit la climatologue Dominique Paquin, du consortium de recherche Ouranos. La pression atmosphérique, explique-t-elle, fluctue sans cesse, mais on peut y discerner des patterns, comme le Mode du Pacifique Nord, qui est une oscillation de la pression sur la côte ouest américaine.

En ce moment, cette oscillation amène une haute pression persistante dans l'ouest du continent. «Ce mode-là est dominant présentement, explique la climatologue. Et quand on entre ça dans nos modèles climatiques, on se retrouve avec des conditions un peu comme cet hiver.»

C'est que cette oscillation a des effets dans l'est de l'Amérique. Quand la pression est élevée dans l'ouest, elle diminue chez nous, et c'est ce qui est arrivé cet hiver : la basse pression persistante a, en quelque sorte, «aspiré» l'air du pôle Nord, ou du moins lui a permis de descendre. D'où les froids de canard que l'on sait.

Notons que cela fait maintenant deux ans que la haute pression persiste sur la côte Ouest - et l'hiver dernier fut assez rude aussi. Les climatologues s'expliquent pour l'instant assez mal pourquoi l'oscillation semble «collée», mais ce n'est pas forcément anormal ou une conséquence des changements climatiques, avertit Mme Paquin : «On a des pistes d'explication, mais ça peut aussi simplement faire partie de la variabilité naturelle. Ce n'est pas nécessairement extraordinaire que l'hiver soit très froid deux années consécutives», dit Mme Paquin.

Mince consolation, peut-être : en général, qui dit «grands froids» dit aussi «peu de neige». Et c'est exactement ce qui est arrivé. En février, Québec n'a reçu que 20 mm de précipitations, alors que la moyenne tourne autour de 75 mm; et jusqu'à présent, en mars, il n'est tombé que 17 mm de précipitations sur la capitale, soit trois fois moins que la moyenne 1996-2014 des 21 premiers jours de mars (51 mm).

C'est que, explique M. Legault, «les dépressions circulent généralement autour du courant jet [des vents d'ouest qui circulent à très grande vitesse en haute atmosphère, NDLR], qui se trouve à la limite entre la masse d'air chaude et la masse froide des pôles. Et là, comme on était à l'intérieur de la masse d'air froide, le courant jet passait plus au sud, et les précipitations sont plus tombées sur les Maritimes et la Nouvelle-Angleterre».

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