Pas de consultations sur Énergie Est avant de savoir où sera le port pétrolier

Cacouna est le premier choix de TransCanada pour... (Photothèque Le Soleil)

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Cacouna est le premier choix de TransCanada pour y construire son port pétrolier, mais la firme albertaine a examiné d'autres emplacements le long du Saint-Laurent. Elle se donne jusqu'à la fin mars pour prendre une décision.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) L'Office national de l'Énergie ne tiendra pas d'audiences publiques sur l'oléoduc Énergie Est tant que le promoteur Trans-Canada n'aura pas statué où il entend aménager son port pétrolier au Québec, que ce soit à Cacouna ou ailleurs.

Le président de l'Office national de l'Énergie, Peter Watson, a fourni cette indication au Soleil, lors d'un entretien téléphonique depuis Québec ,où il était de passage lundi.

La possibilité de construire des installations portuaires dans ce secteur du Bas-Saint-Laurent pour transborder du pétrole est remise en question depuis que les bélugas ont été catalogués «espèce en voie de disparition». Ce secteur du fleuve est considéré comme la «pouponnière» de ces mammifères marins.

Lundi en début de journée, le directeur de l'évaluation d'Énergie Est au Québec pour l'Office national de l'Énergie (ONÉ), Jean-Denis Charlebois, a été très clair. Le processus de consultations publiques sur le projet de TransCanada ne sera pas déclenché tant que les intentions de la compagnie ne seront pas claires.

«Une chose est sûre : pour l'ONÉ, avoir la certitude sur les intentions de TransCanada quant à son port pétrolier au Québec est un élément extrêmement important pour déterminer si sa demande est complète.»

TransCanada se donne jusqu'à la fin mars pour prendre une décision. Cacouna est le premier choix de la firme albertaine. Elle a cependant examiné d'autres emplacements le long du Saint-Laurent, comme Lévis et Baie-des-Sables.

Le président de l'Office a confirmé que son organisation est dans l'attente de l'option que choisira le promoteur. «Si TransCanada change la localisation de ses installations, nous aurons la flexibilité» de prolonger la période d'inscription pour intervenir, lors des auditions publiques, a précisé Peter Watson.

La date limite pour les participants a été fixée au 3 mars. Elle demeurera si la compagnie maintient le choix de Cacouna, a indiqué le principal dirigeant de l'organisme fédéral.

Intérêt bien réel

L'intérêt pour le dossier existe bel et bien. Plusieurs centaines de groupes et de citoyens ont déjà manifesté leur intention de prendre part aux audiences, a signalé M. Watson. Il a également mentionné qu'il s'écoulera encore de longs mois avant que les travaux ne débutent pour l'oléoduc.

L'ONÉ ne fera pas traduire les 30 000 pages de documents que TransCanada a transmis pour exposer son projet, a maintenu Peter Watson. L'entreprise les a pratiquement toutes traduites, mais refuse de les déposer officiellement devant l'ONÉ, affirmant craindre des divergences d'interprétation légales entre les versions françaises et anglaises.

L'Office croit qu'il y a suffisamment d'informations disponibles dans les deux langues, a fait savoir en substance son président. Selon lui, l'ONÉ s'acquitte de son devoir : les participants sont entendus dans la langue de leur choix.

«On veut bien faire les choses. On comprend les inquiétudes de la population. L'objectif, ce n'est pas de forcer l'évaluation du projet», a exprimé Jean Denis Charlebois, qui soutient que l'Office tient à ce que toutes les parties concernées aient la possibilité d'être écoutées. «On va s'organiser d'une façon ou d'une autre pour entendre ces gens.»

Avec Stéphanie Martin

Une tournée sans précédent

Une cinquantaine de maires, des leaders des Premières Nations, des porte-parole écologistes, des agriculteurs et des pompiers, sept jours de tournée au Québec. L'Office national de l'énergie s'est lancé dans une série de rencontres sans précédent pour expliquer sa mission et ses façons de faire.

Joint lundi à Québec, où il a passé sa journée en rencontres, le président de l'ONÉ a insisté sur le fait que cette offensive n'a rien à voir avec le controversé projet Énergie Est. La tournée québécoise s'inscrit dans la foulée de visites pancanadiennes qui ont débuté dans les Maritimes et se termineront en mai, à l'autre bout du pays, a précisé Peter Watson.

Le Soleil lui a fait valoir qu'il y a apparence que l'Office fait la promotion du mégaprojet d'oléoduc - 12 milliards $ d'investissements pour 4600 kilomètres de pipeline. «Nous réalisons que nous sortons en même temps, a répondu M. Watson. Mais il y aura toujours des propositions [en débat] et il n'y aura jamais de bon temps pour démarrer» une telle opération pour des réunions.

En poste depuis moins d'un an, Peter Watson a le sentiment qu'une des façons d'améliorer l'Office est «d'expliquer [leur] processus de travail pour assurer la sécurité et la protection environnementale des pipelines, y compris pour les infrastructures déjà enfouies dans le sol.» Des explications qui couvrent tout le cycle de vie des projets, de leur conception à leur mise au rancart, a-t-il insisté.

«Nous voulions en savoir davantage sur l'information que les gens attendent de nous au sujet du rendement des pipelines, a-t-il repris. Nous prenons très au sérieux les questions de sécurité.»

Peter Watson s'est gardé de dire si les traverses d'Énergie Est sous le fleuve, à la hauteur de Saint-Augustin ou sous une rivière comme celle des Etchemins, près de Lévis, présentaient un haut niveau de risque. «Nous ne pouvons spéculer» sur l'analyse qu'en fera l'ONÉ, a-t-il répondu. Par contre, a-t-il repris, «dans d'autres parties du monde», des oléoducs «de cette ampleur» passent sous d'importants cours d'eau et fonctionnent sans provoquer de catastrophe.

Michel Corbeil

Lévis veut être entendue

Lévis demandera d'être entendue par l'Office national de l'énergie sur le projet d'Énergie Est pour lequel elle a des «préoccupations et des questionnements».

Les élus de Lévis ont adopté lundi une résolution en ce sens, au terme d'une journée où le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, ainsi que le maire de Québec, Régis Labeaume, ont eu l'occasion de rencontrer les dirigeants de l'Office national de l'énergie, qui sont en tournée auprès des maires du Québec.

«On leur a dit qu'on a énormément de questions sans réponse. [...] On espère qu'ils feront bien leur travail. Ils nous ont donné l'assurance qu'ils allaient être très, très vigilants dans les demandes qu'on va faire», a exprimé en fin de journée M. Lehouillier.

La Communauté métropolitaine de Québec, à laquelle appartiennent Québec et Lévis, déposera aussi son mémoire. Les points qui provoquent des interrogations sont entre autres la protection des prises d'eau, le franchissement du fleuve par la conduite ainsi que les assurances et les compensations aux municipalités.

Stéphanie Martin

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