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Beauport: des citoyens irrités par le bruit de l'autoroute 40

C'est le promoteur immobilier des condos de l'ancienne... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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C'est le promoteur immobilier des condos de l'ancienne cimenterie Saint-Laurent qui a payé pour faire ériger le mur antibruit que l'on voit en haut à gauche sur la photo.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Des citoyens de Beauport habitant un vieux quartier à proximité de l'autoroute Félix-Leclerc (40) sont exaspérés du vacarme des camions, qui jouent abondamment du frein moteur au-dessus de leurs têtes à toute heure du jour et de la nuit. Depuis des années, ils réclament la construction d'un mur antibruit, comme celui érigé pour les propriétaires de condos en haut de la falaise.

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Réjean Perreault, du quartier Montmorency, considère injuste que les nouveaux condos aient droit à une protection sonore, mais pas les résidents de son quartier.

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«Le salon est condamné, la chambre du fond est condamnée. On ne peut pas ouvrir les fenêtres l'été et on dort mal tout le temps, même avec des bouchons dans les oreilles», énumère Claude Cochrane.

L'homme habite avec sa vieille mère dans le duplex familial de la 122e Rue, dans le quartier ouvrier de Montmorency. Cette maison, il la compare à une caisse de résonance car elle répercute le bruit des camions qui circulent sur l'autoroute Félix-Leclerc, à la jonction de l'autoroute Dufferin-Montmorency.

Le trafic vers l'est (Charlevoix et Côte-Nord) est particulièrement problématique puisque les véhicules arrivent à une vitesse de 100 kilomètres/heure et doivent rapidement décélérer pour négocier une courbe prononcée en bas d'une pente de 7 %. Les conducteurs de poids lourds, dont le nombre va en augmentant, utilisent donc souvent le frein moteur pour ralentir.

Dans le plan directeur d'aménagement et de développement (PDAD) de la Ville de Québec, adopté en 2005 et effectif jusqu'en 2025, le secteur au pied de cette partie aérienne de l'autoroute 40 est identifié comme une zone sensible car le niveau sonore est supérieur ou égal à 60 décibels.

C'est plus que le seuil de confort établi par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (55 dB sur 24 heures) et l'Organisation mondiale de la santé (50 dB le jour et 45 dB la nuit). Le ministère des Transports du Québec (MTQ), lui, a mis la barre à 65 dB. Selon Santé Canada, il y a risque de perte d'audition quand une personne est exposée à un niveau sonore supérieur à 85 dB pendant huit heures ou plus.

Les citoyens concernés pensaient que cette référence dans le PDAD les aiderait à obtenir des correctifs. Mais rien n'a bougé.

En 2009, ils ont été encouragés par l'apparition d'un mur antibruit à la hauteur de la sortie du boulevard des Chutes, du côté des édifices en copropriété qui ont poussé et poussent encore sur le site de l'ancienne cimenterie Saint-Laurent.

C'est le promoteur immobilier qui a payé pour la structure afin de respecter les normes contemporaines de bruit ambiant, nous a indiqué Guillaume Paradis, porte-parole du MTQ.

«On s'est dit : enfin, on va avoir notre mur. Mais non, ça s'est arrêté là. On a entrepris des actions pour un prolongement, mais on dirait bien que c'est pas pareil pour nous autres», déplore M. Cochrane en pointant le mur au loin.

Son voisin, Réjean Perreault, considère injuste que les nouveaux condos aient droit à une protection sonore, mais pas les résidents de son quartier qui souffrent du bruit depuis des décennies. Lui-même dit se faire réveiller toutes les nuits par les camions.

Les citoyens ne sont pas seuls dans leur combat. La direction de la santé publique de la Capitale-Nationale les accompagne. Dans un avis au ministère de la Santé datant de janvier 2012, l'équipe Santé et environnement considère leur plainte fondée et estime qu'il revient à la Ville de Québec et au MTQ de régler le problème.

Deux ans plus tard, après plusieurs démarches infructueuses, le directeur régional, Dr François Desbiens, a dû utiliser les pouvoirs que lui confère la Loi sur la santé publique pour forcer les parties à chercher une solution. Des échanges ont eu lieu à partir de l'été dernier. La Ville et le MTQ ont fini par convenir de réaliser une étude de climat sonore. Le devis est en préparation. L'appel d'offres aura lieu prochainement en vue d'une collecte de données à l'été 2015.

Les citoyens considèrent que c'est un mauvais moment car il y a souvent des travaux sur l'autoroute Félix-Leclerc à cette période de l'année, ce qui ralentit, voire diminue la circulation.

Et comme ils ont l'expérience d'un recours collectif contre la cimenterie Saint-Laurent, ils craignent que ce soit le début d'une longue bataille d'experts dont ils n'ont pas du tout envie. Ce qu'ils réclament, c'est la construction d'un mur antibruit le plus vite possible.

«Des gens nous disent d'aller vivre ailleurs, mais on était là bien avant l'autoroute. Et de toute façon, on ferait juste refiler le problème à d'autres. C'est le temps de le régler», insiste Claude Cochrane, appuyé par son voisin.

Mireille Plamondon, porte-parole de la Ville de Québec, insiste toutefois sur l'importance de caractériser le bruit ambiant avant de choisir une solution. «Selon ce que l'étude fera ressortir, on va voir quels moyens peuvent être mis de l'avant», dit-elle, sans pouvoir donner d'échéancier.

«On fera preuve de toute la rigueur scientifique pour obtenir des résultats valables», ajoute le représentant du MTQ.

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