Oléoduc de Transcanada: l'opposition prend du galon

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À Saint-Augustin-de-Desmaures, qui se trouve sur la trajectoire de l'Oléoduc Énergie Est selon les plans de TransCanada, des pancartes ont été posées à certains endroits pour démontrer l'opposition citoyenne au projet.

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(Québec) Pratiquement seuls à mener leur bataille contre l'Oléoduc Énergie Est en janvier 2014, les groupes de contestation citoyens amorcent 2015 avec un tout autre rapport de force dans leur bras de fer avec TransCanada.

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Après des mois de novembre et de décembre marqués par l'arrêt des travaux de terminal pétrolier à Cacouna et le succès monstre de la campagne Doublons la mise lancée par Gabriel Nadeau-Dubois, il est facile d'oublier que le projet d'Oléoduc Énergie Est allait bon train dans l'anonymat général il y a moins d'un an. 

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«L'année 2014 a été un crescendo jusqu'à la fin», illustre Anne-Céline Guyon, porte-parole de STOP Oléoduc. «La mobilisation a monté de façon exponentielle.»

Après des mois de novembre et de décembre marqués par l'arrêt des travaux de terminal pétrolier à Cacouna et le succès monstre de la campagne Doublons la mise lancée par Gabriel Nadeau-Dubois, il est facile d'oublier que le projet d'Oléoduc Énergie Est allait bon train dans l'anonymat général il y a moins d'un an.

«Au début, on sentait clairement que la population n'était absolument pas informée, c'est pourquoi on a commencé à aller sur le terrain», explique Mme Guyon. La lutte contre l'Oléoduc Énergie Est a connu un tournant à la fin du printemps avec les contestations à Cacouna. «C'est ce qui a mis le projet sur la map au niveau des médias et dans l'opinion publique. La manière catastrophique dont ce dossier-là a été géré par le gouvernement a alerté les citoyens et on a commencé à voir sur le terrain un engouement pour la mobilisation.»

Si STOP Oléoduc se réjouit de l'arrêt des travaux à Cacouna et du soutien populaire, Anne-Céline Guyon rappelle que la lutte de l'organisme est loin d'être terminée. Mme Guyon dit s'attendre à ce que TransCanada annonce dans les prochaines semaines un nouvel emplacement pour le terminal pétrolier. STOP Oléoduc a déjà commencé à mobiliser des citoyens à Lévis et à Baie-des-Sables, deux emplacements potentiels.

STOP Oléoduc doit aussi décider de quelle manière les 385 000 $ amassés avec la campagne Doublons la mise seront dépensés. On parle d'ores et déjà d'étendre la lutte à d'autres enjeux environnementaux.

Abandon «tout à fait possible»

Est-il réellement possible que la pression populaire fasse reculer une compagnie comme TransCanada? Oui, selon le professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie, Pierre-Olivier Pineau, qui croit que la portion québécoise de l'oléoduc pourrait être abandonnée.

«Il est tout à fait possible que TransCanada abandonne le terminal maritime au Québec, qui n'est pas nécessaire au projet», explique-t-il. M. Pineau pense même que la compagnie pourrait économiser en gardant uniquement un terminal en Ontario. Le désir de s'établir au Québec, selon lui, vise surtout à gonfler les retombées économiques du projet afin de le légitimer.

Plus qu'un projet controversé, l'Oléoduc Énergie Est, estime le professeur, est devenu un symbole pour les Québécois de leurs désaccords sur la forte émission de gaz à effet de serre au Canada.

«Préoccupations légitimes»

«Des oléoducs, on en a au Québec. Ça fait plus de 50 ans qu'il y a du pétrole qui traverse le Saint-Laurent. Les préoccupations sur la santé des cours d'eau aux alentours sont tout à fait légitimes, mais il n'y a jamais vraiment eu d'accident d'Oléoduc au Canada qui devrait attiser la crainte des citoyens.»

Pour Pierre-Olivier Pineau, donc, TransCanada écope pour l'indifférence du gouvernement fédéral quant aux enjeux environnementaux. «Le responsable, c'est le gouvernement fédéral, et il n'a rien à répondre à ses critiques, puisqu'il ne réussira pas à remplir ses propres objectifs d'émission de GES pour 2020.»

Il souligne également que des accidents comme celui de Lac-Mégantic ont brisé la confiance des citoyens envers le gouvernement en ce qui a trait à l'encadrement et la réglementation du transport des hydrocarbures.

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