Politique verte mise en doute à Québec

Mario Bidégaré, propriétaire de l'entreprise Intermodale, est furieux... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Mario Bidégaré, propriétaire de l'entreprise Intermodale, est furieux de devoir transporter au dépotoir 2000 tonnes de compost pour des simples raisons de zonage. L'homme d'affaires tente de trouver une solution, mais les autorités municipales semblent demeurer sourdes à ses appels.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Pour des raisons de zonage, une entreprise d'entretien paysager a été forcée par la Ville de Québec à envoyer au dépotoir 2000 tonnes de compost qu'elle avait fabriqué avec les déchets verts générés par ses activités. Furieux de se défaire des fruits de son labeur 100 % écologique, le propriétaire d'Intermodale, Mario Bidégaré, se questionne sur les prétentions environnementales de la municipalité.

«C'est une centaine de voyages de compost pur que j'ai dû aller porter aux poubelles», déplore M. Bidégaré, qui ne digère toujours pas la décision du comité exécutif prise en juin dernier. Celui-ci l'enjoignait à se départir d'ici le 30 novembre de milliers de tonnes de résidus verts qu'il avait accumulés depuis des années sur son terrain de la Haute-Saint-Charles, dont le compost prêt à être utilisé pour ses contrats de l'été 2015. L'opération lui a coûté entre 20000 $ et 30000 $.

Le compost était notamment composé du contenu des pots à fleurs et autres aménagements paysagers qui ornent les rues de la capitale nationale l'été, puisque Intermodale travaille à contrat auprès de la municipalité. Se disant soucieuse de donner une seconde vie à cette matière première, chaque automne, l'entreprise récupère terre et autres résidus verts pour concocter son engrais.

Le hic est que son entreprise située sur la rue Roussin est située dans un secteur zoné «agroforestier», qui proscrit ce genre d'activité. Pour les poursuivre, elle a demandé à la Ville de Québec de modifier le Plan directeur d'aménagement et de développement afin que le zonage devienne industriel. Ce qu'elle a accepté en 2009, mais une modification des zones inondables était d'abord nécessaire. Dans l'intervalle, a été adopté le Règlement de contrôle intérimaire (RCI), visant à limiter les interventions humaines dans les bassins versants des prises d'eau de la Ville de Québec installées dans la rivière Saint-Charles et la rivière Montmorency.

Dès lors, le dossier a été bloqué. Ce n'est que ce printemps qu'il a cheminé au comité exécutif, qui a rendu une décision défavorable, affirmant que l'entreposage extérieur de terre et de compost produit des sédiments et des matières en suspension qui peuvent être transportés par jours pluvieux jusqu'aux prises d'eau. «Le vent a tourné», regrette Mario Bidégaré, qui était persuadé qu'il pourrait enfin recycler en toute légalité. Il croyait par ailleurs que le conseiller de Lac-Saint-Charles-Saint-Émile, Steeve Verret, plaiderait sa cause auprès de ses collègues, mais celui qui s'occupe aussi des dossiers environnement à la Ville se serait retiré lors du vote en évoquant un conflit d'intérêts. M. Verret n'a pas rappelé Le Soleil vendredi.

«Hypocrisie» municipale

Pour tenter d'infirmer la décision, l'entrepreneur a écrit une lettre au conseil exécutif en novembre pour lui répéter qu'il prendrait toutes les mesures nécessaires pour se plier aux exigences de la Ville. Il se dit notamment prêt à embaucher une firme d'experts-conseils en gestion des eaux de ruissellement, à mettre en place un bassin de rétention des eaux ou à aménager des zones végétales. En date de vendredi, il n'avait reçu aucune réponse.

Mario Bidégaré croit que la municipalité joue d'hypocrisie, d'autant plus qu'à une certaine époque, elle lui donnait ses résidus verts provenant de ses centres de tri. «Dans le temps, à l'église, il y avait les curés qui faisaient les beaux sermons et, en arrière, il y avait de l'abus qui se faisait sur les petits enfants de choeur. Je trouve que c'est la même affaire, laisse-t-il tomber. Des belles paroles sur des beaux principes, et quand on touche vraiment à ce que ça devrait, ça arrête là.»

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