Québec: l'usine de biométhanisation a du plomb dans l'aile

«On veut s'assurer que technologiquement il n'existe pas... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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«On veut s'assurer que technologiquement il n'existe pas d'autres façon de faire que la biométhanisation», a déclaré le maire de Québec Régis Labeaume.

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(Québec) Une usine de 98 millions $ pour transformer les restes de table et les boues municipales en compost est-elle toujours la meilleure solution? Près de quatre ans après l'annonce d'un imposant projet écologique, l'administration Labeaume en doute et étudie les «alternatives» à son usine de biométhanisation.

En 2011, la Ville de Québec annonçait que dès 2014, les restes de table des citoyens seraient collectés et prendraient la route d'une nouvelle usine qui transformera le tout en compost et en biogaz. Il s'agissait de la biométhanisation, considérée comme la fine pointe de la technologie verte. Le coût de l'usine était à l'époque de 57 millions $.

Or, voilà que plus de trois ans plus tard, la construction de l'usine frôle les 100 millions $. Et la collecte des matières organiques ne se fait toujours pas dans les foyers de la capitale.

L'usine qui doit être construite à côté de la station d'épuration des eaux usées près de la baie de Beauport apparaît par contre toujours au budget 2015 présenté lundi. La Ville de Québec prévoit toujours y investir 44,5 millions $. Mais l'administration Labeaume regarde ailleurs. En l'occurrence dans une nouvelle technologie que le maire Régis Labeaume n'a pas voulu nommer mercredi.

«Il y a quelque chose qu'on teste actuellement. En environnement, ça évolue vite», a-t-il expliqué lors d'un point de presse en fin de journée.

Un peu plus tôt, son bras droit, le conseiller Jonatan Julien, avait révélé que l'usine de 100 millions $ était remise en question lors de l'analyse détaillée du budget 2015.

«De manière assez évidente, on regarde des alternatives à cette usine de biométhanisation», a dit M. Julien en promettant que l'administration Labeaume reviendra en janvier «pour confirmer l'usine ou discuter des alternatives».

«On veut s'assurer que technologiquement, il n'existe pas d'autre façon de faire que la biométhanisation», a renchéri M. Labeaume. «Comme les technologies évoluent assez rapidement, les vérifications sont un peu compliquées, a admis le maire, mais on veut s'assurer qu'on ne puisse pas nous dire qu'on aurait dû regarder autre chose.»

Moins dans l'incinérateur

Les appels d'offres pour l'usine seront lancés en janvier, si jamais la Ville en vient à décider d'aller de l'avant avec l'usine à 100 millions $ qui, dit-on, pourrait composter 86 000 tonnes de restes de table et 96 000 tonnes de boues municipales (égouts). Cette technologie verte pourrait réduire de 25 %, soit jusqu'à 40 par jour, le nombre de camions qui prendront le chemin de l'incinérateur.

Le maire ne cache pas que le choix de cette technologie a surtout par le passé été motivé parce que les importantes subventions du gouvernement provincial privilégient cette technologie pour l'instant.

M. Julien a aussi assuré mercredi que les analyses qui se poursuivent ne mettent pas en péril les échéanciers. Reste que le temps file car les subventions du gouvernement du Québec prévoient qu'une telle usine devra être en activité pour le 30 septembre 2019.

Déjà 5 millions $ dépensés

Le chef de l'opposition, Paul Shoiry, a qualifié ce nouveau développement «d'improvisation» et présenté aux journalistes une compilation selon laquelle 5 millions $ auraient déjà été investis dans le projet depuis 2011. Les dépenses concernent l'acquisition d'un terrain de 1,7 million $, de la main-d'oeuvre spécialisée et diverses études.

«La Ville aurait dépensé 5 millions $, selon notre évaluation. Et là, on dit non, on ne sait pas si c'est une bonne affaire? Ça veut dire que ces millions auraient été gaspillés», a dit M. Shoiry, étonné de voir «qu'on se questionne encore à l'étape finale du projet».

Il dit de toute façon n'avoir jamais cru que la biométhanisation est la meilleure option et que d'autres systèmes de compostage plus simples et économiques existent dans plusieurs villes au Québec. «Ce n'est pas pour rien que Lévis n'a pas voulu embarquer dans le projet», a dit M. Shoiry.

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