BAPE sur la filière de l'uranium: le radon, menace souterraine du Grand Nord

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Du minerai d'uranium

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(Québec) L'uranium est une réalité avec laquelle le Québec devra apprendre à composer. À tel point, d'ailleurs, que certains secteurs du Grand Nord sont suffisamment riches en uranium pour que l'on interdise d'y construire des habitations, selon le géologue Serge Genest, un «vétéran» qui a découvert plusieurs des principaux gisements d'uranium au Québec.

«Pour avoir travaillé en Ungava, avec des Inuits, je peux vous dire qu'il y a des secteurs qui sont drôlement à risque. Un de nos techniciens s'est amusé à un moment donné à mesurer la radiométrie de quelques Inuits, et c'était à peu près deux fois plus fort que nous. Ça veut dire qu'ils vivent dans un écosystème riche en uranium, donc il y a plus de radioéléments dans leur nourriture, et ils en accumulent. Ça ne veut pas dire que c'est dangereux, mais ce qui m'inquiète, c'est le radon», a indiqué M. Genest devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur la filière uranifère, qui tenait des audiences à Québec jeudi.

Le radon est un des éléments dans lesquels l'uranium, dont le noyau est instable, se transforme au fil du temps. Et il s'agit d'un gaz radioactif qui a tendance à s'accumuler dans les sous-sols et qui est connu pour causer le cancer du poumon.

Évidemment, il n'y a pas beaucoup de maisons qui se construisent là-haut, mais dans ce dossier, un argument souvent avancé par les opposants veut que l'exploration ne soit jamais une quête innocente de savoir, qu'elle mène toujours à l'exploitation si les gisements découverts sont intéressants. M. Genest l'admet, mais il plaide que toute nouvelle donnée, «qu'elle vienne du privé ou du gouvernement, est un plus pour la santé publique».

Prévention

Dans le Nord, argue-t-il, on peut imaginer que cette connaissance pourrait éviter des problèmes pour les populations déjà sur place, pour un futur village minier, une nouvelle pourvoirie ou des installations de villégiature dans un parc national.

M. Genest est un des premiers à avoir sonné l'alarme au sujet des niveaux de radon en Montérégie. Au mont Saint-Hilaire, illustre-t-il d'ailleurs, du gravier radioactif extrait d'une carrière «a été utilisé pour faire fondation, des drains français, etc. C'est un sérieux problème».

Une meilleure connaissance de la distribution de l'uranium au Québec aiderait à prévenir ce genre de situation, dit M. Genest.

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