Volée de bois vert pour TransCanada

TransCanada, rappelons-le, veut construire un pipeline reliant l'Alberta... (PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

Agrandir

TransCanada, rappelons-le, veut construire un pipeline reliant l'Alberta à l'Atlantique et qui comprendrait un terminal à Cacouna, où du brut serait chargé sur des pétroliers.

PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La semaine s'est très mal terminée pour TransCanada, alors que deux sondages coup sur coup ont démontré la grande impopularité de son projet de pipeline Énergie Est au Québec, et que l'Université du Québec à Rimouski a refusé de l'argent que la compagnie lui offrait pour la recherche.

Cet automne, TransCanada avait approché l'Institut des sciences de la mer, affilié à l'UQAR, pour aborder la possibilité de financer une nouvelle chaire de recherche qui aurait été consacrée à l'étude de l'estuaire du Saint-Laurent. L'ISMER a toutefois fait savoir vendredi, par voie de communiqué, qu'elle mettait fin à ses pourparlers.

Le texte évoque des discussions «sur la garantie formelle des standards les plus élevés d'intégrité scientifique» de même que le «climat général» d'hostilité à l'égard du projet, qui n'est «pas propice à la reconnaissance équitable et juste de l'intégrité scientifique des membres de l'ISMER. La décision a été prise conjointement par la direction et les professeurs de l'institut.

TransCanada, rappelons-le, veut construire un pipeline reliant l'Alberta à l'Atlantique et qui comprendrait un terminal à Cacouna, où du brut serait chargé sur des pétroliers. Comme l'endroit est très fréquenté par le béluga du Saint-Laurent, et particulièrement les femelles et leurs veaux en été, le projet fait craindre le pire pour l'avenir de cette espèce en péril.

L'ISMER n'a pas voulu expliquer plus longuement sa décision, vendredi, mais Le Soleil a pu recueillir la version d'un professeur de l'ISMER, l'océanographe Daniel Bourgault.

Selon lui, les discussions avec TransCanada étaient encore très embryonnaires, mais l'entreprise ne semblait pas vouloir attacher de conditions particulières à son financement. «S'il y a quelque chose qui nous a agacés dans ce dossier, ce sont les réactions de certaines personnes ou groupes à douter spontanément de notre intégrité et de notre capacité à prendre nos propres décisions en tant qu'institution», nous a écrit M. Bourgault dans un échange de courriels.

Lorsque l'offre de TransCanada s'est ébruitée, en effet, les réseaux sociaux ont eu tôt fait de conclure qu'il s'agissait d'une manoeuvre visant à acheter l'appui des scientifiques - ce qui était à prévoir dans le contexte actuel.

D'autres raisons ont aussi pu jouer dans la décision de l'ISMER, ditM. Bourgault, qui se dit person-nellement «pas confortable avec l'idée de négocier un contrat de recherche scientifique par l'entremise d'avocats».

Sondages défavorables

En plus de cette rebuffade, deux sondages publiés coup sur coup ont confirmé la grande impopularité du projet Énergie Est au Québec. L'un, dévoilé vendredi, a été réalisé par la maison SOM du 5 au 11 novembre pour le compte de cinq groupes environnementaux. Des quelque 1000 répondants québécois qui y ont participé, seulement 24 % se sont dit «tout à fait» (7 %) ou «plutôt» (17 %) d'accord avec le projet, contre pas moins de 71 % qui y sont tout à fait (46 %) ou plutôt (25 %) opposés - la balance de 5 % n'ayant pas exprimé d'opinion.

Cette opposition semble un peu moins forte dans la région de Québec où, sur un sous-échantillon de 305 répondants, 35 % appuient les visées de TransCanada, contre 62 % qui sont contre, mais même en cette région réputée conservatrice, le projet reste très controversé.

Il faut toutefois noter que le sondage SOM a été fait par appels automatisés et que moins de 10 % des gens joints (environ 11 500 au total) ont accepté d'y répondre, ce qui peut tordre les résultats.

Cependant, ceux-ci concordent avec un autre sondage dévoilé jeudi. Mené en octobre par des chercheurs de l'Université de Montréal auprès de 1401 personnes, il a montré que la moitié des Canadiens appuient le futur pipeline, mais que cette proportion chute à 33 % au Québec.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer