Oléoduc Énergie-Est: traversée «infaisable» pour les rivières Etchemin et Outaouais

La rivière Etchemin... (Photo courtoisie du comité de restauration de la rivière Etchemin)

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La rivière Etchemin

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La méthode envisagée par TransCanada Pipelines pour faire passer le pipeline Énergie-Est sous l'eau est «techniquement infaisable» pour les rivières Etchemin et des Outaouais.

Le constat apparaît dans une étude signée par une firme albertaine. La semaine dernière, Le Soleil a rendu publique une autre étude d'Entec.

Elle concluait que la traverse sous le fleuve du pipeline Énergie-Est, à la hauteur de Saint-Augustin, constituerait une première mondiale et une aventure «à haut risque» si elle se réalisait par un «forage directionnel horizontal» - un «FDH», dans le jargon des ingénieurs.

Selon les mêmes consultants, la nature du sol rend impossible de recourir à une telle technique dans le cas de la rivière Etchemin, sur la Rive-Sud de Québec et, dans l'ouest de la province, de la rivière des Outaouais. Dans les deux cas, le verdict est sans appel.

Les 700 mètres sous l'Outaouais sont considérés «techniquement infaisables» pour un passage situé entre Montréal et Montebello, à la hauteur de Saint-André Est. La présence «de galets et de blocs et un sous-sol rocheux profond de piètre qualité» justifient l'analyse défavorable.

Les consultants de la compagnie établie à Calgary mettent en relief que l'emplacement examiné comporte notamment «des risques de guidage difficile, d'effondrement du trou de forage, [...] et de pertes de fluide». Persister avec ce choix «entraînerait probablement des coûts supplémentaires, des retards et un impact environnemental accru avec une probabilité élevée d'échec».

Dans le cas de la rivière Etchemin, dont le site étudié se trouve au nord-est des Chutes-de-la-Chaudière-Est, l'aventure n'est «pas considérée techniquement faisable en raison de l'incapacité d'atteindre une profondeur de recouvrement adéquate et du sous-sol rocheux».

Là aussi, les problèmes d'effondrement et de pertes des fluides utilisés comptent au nombre des obstacles. Ils laissent présager «un grand risque d'échec» pour la traverse.

Entec y va d'un pronostic légèrement différent sur la suite des choses pour les deux cours d'eau. «La conception et la faisabilité de la traverse de la rivière des Outaouais à d'autres emplacements sont présentement à l'étude», peut-on lire. Dans le cas de l'Etchemin, «des techniques alternatives sont présentement à l'étude en tant que méthode de traverse principale pour cet emplacement».

Promoteur rassurant

Contacté lundi, le promoteur du projet, TransCanada Pipelines, s'est fait rassurant. Il existe trois techniques pour amener le pipeline, dont le diamètre sera de 42 pouces, sous les cours d'eau, a renseigné Jonathan Abécassis, spécialiste des communications externes pour TransCanada.

Outre le forage horizontal, l'oléoduc peut aller d'une rive à l'autre en l'enfouissant dans une tranchée creusée dans le lit du cours d'eau ou encore en utilisant un tunnel. «Il faut que ce soit faisable et dans les règles de l'art», a soulevé le porte-parole.

M. Abécassis a indiqué que le choix de la méthode est celui du moindre impact. Pour les deux cours d'eau en question, il a mentionné que plusieurs options sont sur la table, y compris des tracés alternatifs sous l'eau. TransCanada prendra le temps nécessaire avant d'arrêter une décision, a-t-il insisté.

Gilles Lehouillier, le maire de Lévis, où l'oléoduc franchira la rivière Etchemin, ne commente par le dossier, pour le moment. Son attaché de presse Florent Tanlet a rappelé que M. Lehouillier est à prendre connaissance du mégaprojet de pipeline, mégaprojet dont la description s'étale sur 30 000 pages sur le site Internet de l'Office national de l'énergie. Le maire a déjà fait savoir que ses préoccupations par rapport au projet portent sur la sécurité et la qualité de l'eau potable pour ses citoyens.

L'oléoduc transportera du pétrole de l'Ouest, notamment tiré des sables bitumineux de l'Alberta. Le pipeline s'étirera sur des milliers de kilomètres, pour se rendre notamment à Cacouna, où TransCanada veut aménager un terminal pétrolier destiné à l'exportation du pétrole. Le promoteur avance que 14 000 emplois seront créés pendant les travaux de construction pour des retombées totalisant 36 milliards $.

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