Bouteilles de vin vides: retour à l'expéditeur...

Des Sherbrookois ont symboliquement retourné leurs bouteilles en... (La tribune, Jessica Garneau)

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Des Sherbrookois ont symboliquement retourné leurs bouteilles en succursale, mardi, pour mettre de la pression sur la SAQ afin qu'elle instaure une consigne sur les bouteilles de vin.

La tribune, Jessica Garneau

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(Québec) Devant l'opposition persistante de la Société des alcools à l'idée d'une consigne sur ses bouteilles, des groupes environnementaux ont décidé de lui forcer la main : ils incitent désormais à la désobéissance civile et demandent aux citoyens de rapporter à la SAQ toutes leurs bouteilles de vin vides.

«On demande aux citoyens qui se sentent interpellés par la question de poser un geste pour faire bouger la société d'État, de rapporter vos bouteilles de vin et de spiritueux dans les SAQ, de se filmer et de mettre ça sur Facebook. On espère que ça va devenir viral», a déclaré mardi Estelle Richard, des AmiEs de la Terre de Québec, lors d'un point de presse tenu devant la succursale de la rue Saint-Jean.

Comme une enquête de La Presse publiée en nos pages mardi le souligne, le système actuel de récupération connaît de tels ratés que tout le verre récupéré prend le chemin des dépotoirs. Le verre se mélange en effet aux rebuts du bac bleu, ce qui le rend irrécupérable. Et ses éclats contaminent ses autres matières, compliquant énormément le travail des recycleurs de papier et de plastique.

La situation est telle que même les usines de bouteille du Québec s'approvisionnent en verre récupéré à l'extérieur de la province.

Selon Mme Richard, la solution se trouve au moins en bonne partie dans la consigne des bouteilles de la SAQ - même si celles-ci ne constituent pas tout le verre à recycler. La militante souligne d'ailleurs que le Québec est la seule province, avec le Manitoba, à ne pas imposer de consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux; plusieurs États américains en imposent une également.

Mais la Société des alcools s'est toujours opposée à la consigne sur ses bouteilles, faisant notamment valoir des coûts supplémentaires pour elle de 60 millions $ la première année, puis 40 millions $ par la suite.

La couleur, un problème

En outre, souligne son porte-parole Renaud Dugas, le problème n'est pas tant le mélange du verre et d'autres substances que «l'absence de débouché pour le verre coloré. Au Québec en ce moment, il n'y a aucune usine qui prend les bouteilles vertes». Il rappelle que la SAQ a investi dans la recherche de débouchés et qu'il semble que le verre coloré, lorsque réduit en poudre, peut très bien remplacer une partie du ciment dans la production de béton, améliorant sa qualité et réduisant la quantité de gaz à effet de serre produite par le ciment.

À la question de savoir ce qu'il adviendrait des bouteilles rapportées par des citoyens, M. Dugas a répondu qu'«on leur demande de les mettre au bac de recyclage, parce que c'est là que ça va».

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