Des estacades flottantes contre les inondations à St-Raymond

La rivière Sainte-Anne présente une dynamique compliquée et... (Photo collaboration spéciale Johanne Martin)

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La rivière Sainte-Anne présente une dynamique compliquée et le frasil est au coeur du problème selon les chercheurs.

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Johanne Martin
Le Soleil

(Saint-Raymond) L'installation d'estacades flottantes pourrait se révéler efficace pour prévenir les crues intempestives de la rivière Sainte-Anne à Saint-Raymond et ainsi limiter le risque de nouvelles inondations printanières au centre-ville.

C'est, du moins, ce que croient les deux chercheurs de l'Université Laval mandatés pour trouver des solutions à court, moyen et long terme au problème récurrent des débordements de la Sainte-Anne. Les experts Brian Morse et Benoît Turcotte ont dévoilé jeudi les résultats de leurs démarches lors d'une rencontre d'information publique.

«La rivière présente une dynamique compliquée, et le frasil est au coeur de la problématique. Au début, on pensait que c'était surtout une question d'embâcle, mais on a constaté une accumulation très épaisse de frasil. Avec les glaces, ça devient un problème», a d'entrée de jeu exposé le professeur Morse.

Selon l'ingénieur et spécialiste, l'estacade flottante rend possible la formation rapide d'un couvert de glace, ce qui permet au frasil de se déposer en dessous. Un peu en amont du centre-ville, quatre sites ont été ciblés pour recevoir le dispositif. La Ville de Saint-Raymond doit cependant prévoir 60 000 $ pour chacune des installations.

«Ce serait l'action à prendre, mais c'est dernière minute», a commenté l'expert, ajoutant, en réponse à la question d'un citoyen, que l'estacade flottante avait déjà été utilisée ailleurs et donnait de très bons résultats. «Sur le Saint-Laurent, à quelques endroits, on en retrouve. Ce sera efficace si les conditions de la rivière sont favorables», a-t-il dit.

À moyen terme, les chercheurs recommandent aussi le creusage d'un canal afin d'augmenter la vitesse de l'eau, ce qui, selon eux, faciliterait le passage du frasil. À plus long terme, ils ont émis l'idée de «connecter la Sainte-Anne avec le Bras-du-Nord», précisant cependant que des études seraient alors nécessaires.

«Il n'y a pas une solution qui va régler tous les problèmes», a insisté le professionnel de recherche Benoît Turcotte. «Ce qu'il faut, c'est un bouquet de solutions.» Au total, 48 mesures d'atténuation ont retenu l'attention des deux spécialistes, qui ont préparé et soumis une fiche descriptive pour chacune.

priorités du comité Rivière

Coordonné par l'organisme de bassin versant CAPSA, lui-même mandaté par la Ville de Saint-Raymond à titre de chargé de projet dans le dossier, le comité Rivière, formé d'élus et de résidents, a établi ses priorités parmi l'ensemble des propositions déposées par les ingénieurs de l'Université Laval.

Au nombre de celles-ci, on note l'embauche d'un spécialiste des glaces et la formation du personnel de la Ville; la réalisation d'études sur la formation des glaces à Saint-Raymond, sur la sédimentation de la rivière et sur la vulnérabilité (évaluation de la gestion des risques); et l'installation d'outils de mesure dans le cours d'eau.

«On souhaite également localiser les obstacles au passage des glaces et à l'écoulement et corriger la situation si possible», révèle le directeur général de la CAPSA, Philippe Dufour.

«Saint-Raymond doit vivre avec la rivière et cohabiter avec elle», a de son côté lancé le maire, Daniel Dion, indiquant au passage qu'il lui faut maintenant «obtenir les autorisations et trouver de l'argent». Les 15 et 16 avril, la rivière Sainte-Anne atteignait un niveau record, faisant plus de 400 sinistrés. Plus de 4 millions $ en dommages ont été enregistrés, dommages souvent non couverts par les compagnies d'assurance et la Sécurité publique.

Pas de «dragage général»

S'il a été convenu de retirer l'amas de pierres qui jonche le lit de la Sainte-Anne sous le pont Chalifour, au centre-ville, un «dragage général» de la rivière ne représentait pas une solution aux crues printanières selon les ingénieurs. Suggérée par plusieurs résidents à l'occasion des assemblées publiques qui ont suivi le dernier épisode d'inondation, la mesure ne figure pas parmi les recommandations des deux chercheurs, notamment «parce qu'elle ne règle pas la question du frasil», soutiennent-ils. Ceux qui préconisaient de chauffer le cours d'eau devront pour leur part patienter avant que cette solution, très coûteuse, ne soit envisagée. En ce sens, l'idée de construire une usine de cogénération et d'utiliser la biomasse pourrait être considérée «si les autres mesures ne donnent pas les résultats voulus». Le projet de Réduction des risques d'inondations causées par les glaces de la rivière Sainte-Anne comporte quatre phases. Les deux premières, au coût de 25 000 $ chacune, ont été confiées au professeur Morse.

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