Cacouna: les bélugas auront la paix... au moins temporairement!

De gauche à droite : Patrick Bonin de... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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De gauche à droite : Patrick Bonin de Greenpeace, Pierre Béland, directeur scientifique de l'Institut national d'écotoxicologie du Saint-Laurent et Christian Simars, de Nature Québec.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Des écologistes y sont allés d'une ultime démarche politique pour bloquer toute reprise des forages dans le Saint-Laurent, pour implanter un port pétrolier à Cacouna. Les bélugas du secteur seront tout de même en paix, au moins durant la journée de jeudi, faute d'une proposition par TransCanada pour diminuer le niveau de bruit des travaux.

Le ministère de l'Environnement et du Développement durable a publié un communiqué, en fin de journée. Il rapporte que la firme albertaine avait jusqu'à mercredi pour réduire la pollution sonore sur le territoire marin considéré comme la pouponnière des bélugas, une espèce menacée.

Vendredi dernier, les fonctionnaires avaient indiqué aux dirigeants de TransCanada que la limite sonore des travaux ne pouvait excéder 120 décibels. «Dans le contexte actuel, comme la compagnie ne s'est pas conformée à cette demande, elle ne pourra reprendre ses travaux de sondage tant que son plan de travail n'aura pas été révisé et jugé acceptable», a précisé, mercredi, le responsable des communications au Ministère, Frédéric Fournier.

L'interdiction pourrait être levée rapidement si l'entreprise se conforme aux exigences du gouvernement du Québec. Elle «ne pourra reprendre ses travaux de sondage géotechnique tant et aussi longtemps qu'elle n'aura pas soumis de proposition jugée acceptable par le Ministère».

Plus tôt dans la journée, un porte-parole de TransCanada avait convenu que la compagnie a reçu un avis qui lui enjoint de ne pas reprendre les forages «tant que nous n'aurons pas ajusté nos pratiques».

Selon lui, la firme avait l'intention de soumettre ses solutions. «Nous l'avons fait, aujourd'hui», avait-il enchaîné. Une version qu'a finalement niée le ministère de l'Environnement.

Balance des inconvénients

En matinée, un petit groupe d'environnementalistes a déposé, devant les bureaux du premier ministre Philippe Couillard, copie d'une pétition, endossée par 32 000 personnes. Elle réclame «d'interdire définitivement tous les travaux effectués dans l'habitat essentiel du béluga».

Les porte-parole n'ont pu remettre les requêtes au chef du gouvernement ou à son ministre de l'Environnement David Heurtel. Le ministre Pierre Arcand (Ressources naturelles) a souligné que l'autorisation définitive n'est toujours pas accordée au promoteur qui veut aménager un port de transbordement à Cacouna et un pipeline qui traverserait le Québec pour y expédier du pétrole bitumineux de l'Alberta.

Québec est à évaluer la balance des avantages et des inconvénients du projet, a-t-il laissé entendre. Il s'est donné «un an pour se faire une opinion». M. Arcand a confiance que le Ministère de son collègue David Heurtel effectuera correctement l'analyse d'un tracé de l'oléoduc «compatible» avec l'environnement.

Pierre Arcand a plaidé pour la reprise des travaux de forage. Ils sont, selon lui, de nature «scientifique» et non pas liés à l'exploitation des hydrocarbures.

Devant l'édifice abritant le Conseil des ministres, le directeur de Nature Québec, Christian Simard, a trouvé que les propos du ministre «sont vraiment dans le n'importe quoi. Ce sont des travaux d'ingénierie pour favoriser la rapidité des travaux une fois qu'ils [les promoteurs de TransCanada] auront les autorisations qu'ils considèrent déjà avoir dans leurs poches.»

«Écoutez, ce n'est sûrement pas de la recherche scientifique sur le béluga quand on fait des forages dans l'habitat essentiel» à cette espèce menacée. L'analyse de la compagnie n'aurait pour but que de «savoir si c'est suffisamment solide, pour savoir si les pieux vont tenir pour le terminal.

«Il faut prendre un temps d'arrêt, faire étudier le projet dans son ensemble par le BAPE [Bureau d'audiences publiques sur l'environnement], doter le Québec d'un droit de refus et tenir tête à Ottawa.»

Pour Patrick Bonin, de Greenpeace, «David Heurtel a induit la population en erreur. Il prétend qu'il y a des conditions plus sévères [pour la compagnie] qu'elles ne le sont vraiment.

«M. Heurtel n'a pas d'avis scientifique, a poursuivi l'écologiste. Il ne connaît pas l'impact sur les bélugas. Le rôle du ministre est de protéger les bélugas, de protéger la population et l'environnement. Pas de protéger les profits de TransCanada.»

Selon Christian Simard, Québec devrait mettre un terme définitif au projet. La firme n'a effectué que 2 des 16 forages qu'elle prévoit faire. «Elle devra revenir avec un nouveau certificat d'autorisation, et ce, dans la pire période pour les bélugas, au printemps. Qu'on arrête ce cirque. Qu'on fasse l'examen public du projet. Qu'on ne le réalise pas le projet avant de l'examiner.»

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