Exportation de pétrole: le PQ voit d'un mauvais oeil les visées du Port de Québec

La députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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La députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le Parti québécois voit d'un mauvais oeil les visées du Port de Québec qui examine la possibilité de se servir de futures installations pour exporter du pétrole de l'Ouest. Nouvelle menace pour le Saint-Laurent et autre tentative de faire du fleuve «l'autoroute pour les sables bitumineux de l'Alberta», a réagi Agnès Maltais.

La députée de Taschereau a sursauté en prenant connaissance d'un article du Soleil précisant les intentions de l'Administration portuaire de Québec (APQ) quant à l'aménagement d'un quai de type duc-d'albe.

Cette infrastructure permettrait à des navires de s'approvisionner en vrac liquide ou de le décharger sans toucher la côte. «Avantage hautement stratégique, le duc-d'albe offrira une solution compétitive pour le Port de Québec afin de devenir un point de sortie pour les exportations de produits pétroliers canadiens», peut-on lire sur le site Internet.

En fin de journée, le ministre Jean D'Amour, responsable de la Stratégie maritime québécoise, a fait savoir que les responsables du Port lui ont exposé la possibilité qu'offrirait un quai duc-d'Albe. Mais il refuse de s'inquiéter à l'avance de son implantation.

«Nous n'en sommes pas encore là, a fait savoir son attachée de presse Léa Nadeau. Nous ferons connaître notre position le jour où il y aura un projet concret.» Vendredi, le pdg de l'APQ, Mario Girard, a justement mentionné que l'acheminement de pétrole n'est qu'un exemple d'utilisation pour un projet qu'Ottawa n'a pas encore décidé de financer.

Cela n'a pas rassuré outre mesure la députée péquiste Agnès Maltais. Personne ne lui avait mentionné à quoi était destiné un duc-d'albe, a-t-elle fait savoir. Tout au plus Mario Girard lui a glissé dans une conversation informelle «qu'il voulait profiter du pétrole de l'Ouest, sans plus de précisions».

Protéger le Saint-Laurent

Pour Mme Maltais, le sujet doit faire l'objet d'une «discussion nationale» puisque «l'enjeu est national». Comme pour deux autres dossiers qui ont fait controverse, le transport de pétrole par superpétroliers à partir de Sorel et l'installation d'un terminal pétrolier pour l'exportation, il est loin d'être assuré que les Québécois profitent des retombées économiques, a plaidé la politicienne.

Mais, a-t-elle ajouté, ce sont les Québécois qui écoperaient de tous les risques environnementaux. «A-t-on l'expertise pour protéger le Saint-Laurent?» Selon ses sources, en cas de déversement, il n'y a que 5 % à 20 % du pétrole lourd qui pourrait être récupéré. «Le ministre de l'Environnement [David Heurtel] doit prouver» que le Saint-Laurent n'est pas menacé par le transport pétrolier, a-t-elle insisté.

«Est-ce que le Québec veut être la seule voie de sortie continentale du pétrole sale d'Alberta?» a-t-elle soulevé. Et pour le rendre aux installations portuaires, il faudra que les hydrocarbures traversent nombre de villes et villages, a fait remarquer la députée.

Mme Maltais n'a pas manqué de rappeler un litige qui oppose depuis deux ans Québec à l'APQ. La direction du Port, de juridiction fédérale, estime que la loi québécoise sur la qualité de l'environnement ne s'applique pas à son territoire.

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