Entrevue avec David Suzuki: le Canada, une «risée» en matière d'environnement

Très critique à l'égard politiques environnementales du gouvernement... (Photo fournie par la Fondation David Suzuki)

Agrandir

Très critique à l'égard politiques environnementales du gouvernement canadien, le vulgarisateur scientifique et militant pour l'environnement David Suzuki garde cependant espoir de voir les jeunes s'emparer du débat  pour propulser le changement.

Photo fournie par la Fondation David Suzuki

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) Le Canada a fait bien pire que perdre des plumes sur la scène internationale en raison de ses politiques environnementales. Le pays est devenu la risée des autres, déplore l'environnementaliste de longue date David Suzuki.

«Les Canadiens ne comprennent pas quelle est notre réputation à l'international!» soutient David Suzuki, en entrevue au Soleil.

L'écologiste et dirigeant de la Fondation David Suzuki se rappelle encore le grand sommet Rio+20. «Il y avait une jeune femme canadienne, qui est sortie de l'ascenseur en pleurant. J'ai dit : "Qu'est-ce qui ne va pas?" Elle a dit : "Je suis entrée dans l'ascenseur, et il y avait un groupe d'Africains. Ils ont vu mon badge et ont dit : 'Tu viens du Canada.' J'ai dit oui. Ils ont dit : 'Pourquoi tu te donnes la peine de venir ici? Ton pays se fout de ces enjeux.'" Elle était choquée et humiliée», relate-t-il. «C'est ça l'état de notre réputation à l'international.»

Les choses ne se sont guères améliorées depuis. Cette semaine, la commissaire à l'environnement du Canada a sévèrement blâmé Ottawa pour son inaction dans le dossier des changements climatiques. «Je ne vois même pas pourquoi c'est une nouvelle», a réagi vendredi David Suzuki. «Le gouvernement a indiqué très clairement, depuis des années, qu'ils ne sont pas préoccupés par les changements climatiques.»

De l'espoir

David Suzuki est critique, parfois pessimiste. Mais il ne perd pas espoir. Il a rallié près de 1000 jeunes élèves vendredi à l'Université Laval pour une conférence de la tournée bleu Terre.

Le militant et vulgarisateur scientifique ne s'en cache pas. La clé d'un changement des habitudes - voire des politiques internationales - passe par la jeunesse. «Quand vous parlez aux gens de mon âge, plus vieux, vous êtes très découragés, très pessimistes. Mais les plus jeunes, ils ne ressentent pas ça du tout. C'est bien!» dit-il.

«Les adultes vont à l'université, se trouvent un emploi, se marient, achètent une maison, ont des enfants. Et quand les environnementalistes leur disent : "Vous devez changer", ils ne veulent pas! Ça les fâche. Parce qu'ils ont mis beaucoup d'efforts à se rendre là. Alors, c'est très dur de changer les habitudes des adultes. Mais leur point faible... ce sont les jeunes.»

Sensibiliser la nouvelle génération

Sa tactique : sensibiliser la nouvelle génération, qui influencera les parents... qui se rendront à leur tour dans des rassemblements électoraux. «Allez voir vos pères et vos mères. Vous ne votez pas. Mais eux, oui.» À long terme, les détenteurs du pouvoir n'auront d'autre choix que de prendre acte.

La bataille de l'environnement se décline toutefois sur bien des fronts : changements climatiques, protection des ressources, qualité de l'eau et de l'air. David Suzuki croit que le temps est venu de simplifier un peu la lutte en se tournant vers un sujet éminemment complexe : la Constitution canadienne.

«Il faut amener la discussion ailleurs», plaide-t-il. «Notre bien-être dépend d'un air pur, d'eau propre, d'aliments sains. Si cela peut faire partie de notre constitution, cela va garantir que lorsque vous buvez de l'eau du robinet, elle doit être propre. Parce que c'est dans notre constitution. Le Canada, c'est ça. Ça change toute la discussion.»

Une stratégie moins partisane, analyse-t-il. «Ce n'est pas radical ou sorti de nulle part. Et ce n'est pas un débat politique gauche-droite.» Cent dix pays ont déjà une garantie juridique similaire. Et ça marche. «Ils s'en sortent beaucoup mieux que le Canada!» conclut David Suzuki.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer