Le trafic pétrolier sur le Saint-Laurent appelé à augmenter

Le passage d'un superpétrolier transportant du brut de... (Photo fournie par Jacques Samson)

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Le passage d'un superpétrolier transportant du brut de l'Alberta dans la voie maritime du Saint-Laurent et se dirigeant vers l'Italie avait attiré l'attention à la fin du mois de septembre.

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(Québec) L'Union européenne (UE) vient d'offrir un bon coup de pouce aux pétrolières de l'Alberta. En renonçant à étiqueter le pétrole des sables bitumineux comme «sale», elle donne le feu vert à son exportation vers le Vieux Continent, contribuant à l'augmentation du transport de la ressource venant de l'ouest vers l'est du Canada, estiment experts et environnementalistes.

La Commission européenne a déposé mardi une proposition moins sévère à l'égard de l'importation de pétrole des sables bitumineux par rapport à ce qu'elle avait préalablement souhaité. Soucieuse de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, l'UE avait voulu accorder un niveau de pollution en fonction du type de pétrole. En raison de sa composition, celui produit en Alberta obtenait une note supérieure aux bruts ordinaires et était traité séparément.

Depuis 2011, l'industrie pétrolière et le gouvernement du Canada s'opposaient fortement à cette classification. La nouvelle proposition, qui sera évaluée par les 28 pays membres de l'UE, élimine la catégorie distincte pour le carburant dérivé des sables bitumineux, une victoire pour les promoteurs de l'or noir. Elle sera débattue dans les prochaines semaines. 

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«C'est certain que c'est une très bonne nouvelle pour eux», fait valoir le professeur à HEC Montréal et spécialiste des politiques énergétiques Pierre-Olivier Pineau. Selon lui, si la première version du texte avait été maintenue, elle aurait contribué à ternir l'image du pétrole issu des sables bitumineux dans le monde. «Ça aurait été une tache noire à la réputation du Canada», renchérit son homologue à l'Université d'Ottawa, Jean-Thomas Bernard. 

Les frictions entre la Russie et l'Europe ont aussi pesé dans la balance, puisque le continent souhaite réduire sa dépendance de la ressource énergétique face à Moscou, selon les deux experts. Ils croient cependant que l'Europe représente un marché important, mais pas crucial, comme l'Inde ou la Chine, pour les pétrolières au Canada qui commencent à y exporter leurs produits. 

Le passage d'un superpétrolier transportant du brut de l'Alberta dans la voie maritime du Saint-Laurent et se dirigeant vers l'Italie avait néanmoins attiré l'attention fin septembre. Et il est clair, croient les professeurs, que de tels mastodontes circuleront davantage sur le fleuve en direction est. 

«On se dirige vers un monde où il y aura plus de transport maritime de produits venant de l'ouest, mais, en contrepartie, il y aura moins de pétroliers provenant d'Afrique», souligne Pierre-Olivier Pineau. L'augmentation touchera aussi les convois ferroviaires et l'acheminement du pétrole par pipeline si le projet de l'oléoduc Énergie Est de TransCanada est approuvé. Le but étant d'acheminer le pétrole afin qu'il soit accessible pour tout le marché de l'Atlantique, explique M. Bernard. 

Déception chez les environnementalistes 

Pour le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault, la déception est vive puisqu'il s'était rendu en mission en Europe pour convaincre les parlementaires de la nocivité des sables bitumineux de l'Alberta. Patrick Bonin, chez Greenpeace, partage son sentiment.

«C'est certain que ça va permettre d'augmenter le trafic de pétrole par bateau, par train et par oléoduc», fait valoir ce dernier.

Les deux environnementalistes déplorent l'impact néfaste de la consommation de pétrole, mais aussi celui lié à son transport.

«C'est inquiétant, si du pétrole lourd tombe dans le fleuve, il sera impossible à récupérer», soulignent-ils, dénonçant au passage l'attitude bienveillante de Québec et Ottawa à l'égard de l'industrie.

Le maire de Sorel-Tracy interpelle les gouvernements

Le maire de Sorel-Tracy implore Québec et Ottawa de mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour aider les municipalités riveraines du fleuve Saint-Laurent en cas de déversement de pétrole dans le cours d'eau. 

Serge Péloquin lance cet appel alors qu'un deuxième superpétrolier en autant de mois, le Genmar Daphne, devrait accoster dans sa municipalité le 12 octobre pour récupérer du pétrole provenant de l'Ouest. 

Dans une lettre obtenue par Radio-Canada, le maire souligne que les villes riveraines n'ont ni la capacité technique ni les ressources financières nécessaires pour intervenir en cas de déversement accidentel de grandes quantités de pétrole brut.  Après avoir sondé une dizaine de municipalités en bordure du fleuve, Le Soleil révélait il y a deux semaines qu'aucune d'entre elles ou presque n'était prête en cas d'une telle catastrophe environnementale. 

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