Nouvelle carte des zones inondables: Loranger demande au gouvernement d'agir

Le président du Regroupement Sinistrés Entraide, Mario Dubé,... (Collaboration spéciale Baptiste Ricard-Châtelain)

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Le président du Regroupement Sinistrés Entraide, Mario Dubé, souhaite que le vote sur les nouvelles délimitations des zones inondables soit reporté.

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(Québec) Il a perdu la bataille en cour. Mais le maire de L'Ancienne-Lorette espère toujours bloquer l'adoption d'une nouvelle carte délimitant les zones inondables sur les rives de la Lorette, carte dessinée pour la mairie de Québec. Émile Loranger vise donc au sommet : il demande au ministre de l'Environnement de suspendre le dossier et de mandater ses experts pour trancher le litige.

«On a besoin d'un coup de main», a lancé le maire, en conférence de presse jeudi. «Ce qu'il y a sur la table met en péril ce qui constitue le fonds de pension de la plupart des gens.»

À la suite des crues importantes de 2005 et de 2013, le gouvernement a demandé à l'agglomération de retravailler sa vieille carte des zones inondables. Ainsi 721 lots se retrouvent dans les nouvelles frontières. Ce serait deux fois plus qu'auparavant. Et la majorité sont sur le territoire de... Québec. Des citoyens des deux cités sont concernés.

Émile Loranger jure qu'il ne veut pas partir en guerre contre la capitale. Un juge venant de refuser un nouveau report de l'adoption de la fameuse carte, il implore le gouvernement d'analyser le tracé pour rassurer ses 157 citoyens qui seront touchés. «C'est du vrai monde. On peut penser à eux?»

La vice-présidente du comité exécutif de Québec, Julie Lemieux, lui souhaite «bonne chance». La capitale a déjà demandé au gouvernement de reporter les échéances. On aurait voulu procéder à des travaux sur la rivière avant de décider quels maisons, commerces ou industries sont sur les terres inondables. «On a eu une fin de non-recevoir. [...] Nous, on s'est fait dire non.»

Les citoyens de L'Ancienne-Lorette gardent néanmoins la foi. «Ce n'est pas juste un irritant, c'est majeur comme impact», regrette le président du Regroupement Sinistrés Entraide, Mario Dubé. «Ça fait baisser drastiquement la valeur des propriétés.»

Minuit moins une

Il y aurait urgence d'une intervention étatique dans le dossier. «Il est vraiment minuit moins une.» Se disant optimiste, M. Dubé compte malgré tout sur les élus de Québec, majoritaires au conseil d'agglomération, pour reporter le vote sur les nouvelles délimitations. «J'ai beaucoup espoir dans le gros bon sens. Si le gros bon sens prime, ils n'adopteront pas cette carte-là mardi.»

Le gros chantier pour éviter les futurs débordements aura lieu en 2015-2016, ajoute le vice-président du regroupement de citoyens Denis Lavoie. Pourquoi Québec ne promet pas de refaire la carte dans deux ans afin d'effacer les zones inondables qui seront alors protégées? demande-t-il. Voilà qui mettrait fin aux contestations.

Au cabinet du ministre de l'Environnement, David Heurtel, on accuse réception de la requête : «On vient juste de la recevoir.» L'attachée de presse Marie-Julie Couturier indique toutefois qu'aucune intervention ministérielle ne sera décidée précipitamment, «pas avant lundi prochain, certainement».

Murielle Bergeron s'attend à plus des politiques. Souvenez-vous, la citoyenne avait été propulsée dans l'actualité lorsque le maire de Québec s'était rendu à L'Ancienne-Lorette en 2013 pour visiter les sinistrés des inondations. Elle avait vertement apostrophé Régis Labeaume devant les caméras.

Jeudi, elle fulminait à l'idée que sa demeure perde de la valeur en se retrouvant dans une nouvelle zone inondable délimitée par la capitale. «Les gens ne pourront plus vendre. Ça veut dire que ma maison ne vaudra plus rien. C'est tout notre fonds de pension qui va passer par là.»

Le conseil d'agglomération se réunira à l'hôtel de ville de Québec mardi, à 16h. L'ordre du jour n'est pas connu. Pour une rare fois, le maire de L'Ancienne-Lorette compte s'y présenter.

***

EN BREF

Clotaire Rapaille, sans le négatif

«Laquelle de ces images décrit le mieux vos sentiments à l'égard de la Ville de L'Ancienne-Lorette?» Les concitoyens du maire Émile Loranger sont invités à participer à une consultation en ligne pour le moins étonnante. Il en convient lui-même, attablé avec Le Soleil dans son bureau.

Les participants doivent cliquer sur des photos : un couple nu qui pousse sur du foin; des nuages; un lézard; une bouilloire sur le feu; des voisins qui s'engueulent; des mains menottées; le centre-ville d'une métropole; des plantes en pot... Il y en a pour tous les goûts. Et il faut ensuite justifier ses choix.

M. Loranger admet que la démarche ressemble à celle entreprise par Clotaire Rapaille à Québec en 2009-2010. Mais sans le théâtre et les demi-vérités qui entouraient la «star» du marketing, précise-t-il. L'Ancienne-Lorette cherche à connaître les aspirations des résidents. Ainsi, elle sera guidée dans ses choix pour l'avenir de la ville : densification, développement des axes commerciaux, etc.  

***

Fusion avec Québec, jamais!

Vrai que la possibilité pour L'Ancienne-Lorette de revenir au sein de la capitale existe, note le maire Émile Loranger. Mais la refusion n'est pas du tout à l'agenda, tranche-t-il. «Pas pantoute!»

Même si le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a dit qu'il ne «ferait pas obstacle» au retour de la ville dans le giron de Québec.

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