Une autre année noire pour les jeunes bélugas

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Un bébé béluga et sa mère

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(Québec) La mystérieuse guigne qui s'acharne depuis quelques années sur les bélugas du Saint-Laurent, et en particulier sur leurs bébés, ne semble pas vouloir finir. Neuf carcasses de baleines blanches, dont possiblement sept nouveau-nés, ont été trouvées cet été sur les rives du Saint-Laurent, ce qui prolonge une série noire commencée en 2008, selon le Réseau québécois d'urgence pour les mammifères marins (RQUMM).

Entre 1983 (début d'un programme d'autopsie systématique des carcasses échouées) et 2007, on trouvait généralement une seule carcasse de nouveau-né par année, dit Robert Michaud, coordonnateur du RQUMM - «entre 0 et 3», précise-t-il. Or depuis 2008, on en découvre presque toujours entre 5 et 16 par été. Parmi les neuf carcasses (tous âges confondus) de cette année, on compte au moins cinq nouveau-nés, et possiblement deux autres dont l'âge doit encore être confirmé par une analyse dentaire, dit le biologiste.

En outre, cette année, «parmi les animaux qui n'ont pas été confirmés ou récupérés, il y a un nombre anormalement élevé de veaux, ce qui accroît nos inquiétudes. Alors, oui, c'est une autre année dans la série commencée en 2008. [...] Et parallèlement à ça, on a aussi observé une mortalité accrue des femelles adultes par dystocie, c'est-à-dire qu'elles meurent pendant la mise bas ou juste après».

C'est l'antenne de Radio-Canada dans l'est du Québec qui a diffusé l'information en premier, vendredi matin.

La ou les causes de cette mortalité des jeunes bélugas demeurent nébuleuses. Les chercheurs considèrent présentement quatre hypothèses comme vraisemblables. Des modifications dans l'environnement des animaux, comme une hausse de la température de l'eau et un recul (documenté) des glaces en hiver, peuvent être en cause. Le retrait des glaces, en particulier, est une avenue intéressante, puisqu'elles servent de refuge aux bélugas en hiver, quand les vagues atteignent souvent des hauteurs dérangeantes (et fatigantes) pour le béluga.

On sait également qu'un banc de hareng de la côte sud du Saint-Laurent, dénommé «4T», a beaucoup diminué ces dernières années; il constituait auparavant une importante source de nourriture pour les bélugas. En outre, des contaminants à base de brome, les PBDE, qui ont longtemps servi d'ignifuges dans les plastiques, sont en forte hausse dans le golfe depuis, et les pires années de mortalité ont coïncidé avec un trafic maritime accru dans les aires fréquentées par les bélugas.

Coquille vide

Par ailleurs, on apprenait également vendredi qu'un groupe de travail Canada-Québec mis sur pied dans le but de finaliser une zone de protection marine (ZPM) pour le béluga serait une coquille vide, selon des documents obtenus par la Société pour la nature et les parcs.

Le projet de ZPM existe sur papier depuis une quinzaine d'années et doit en principe protéger les alentours du parc marin du Saguenay. Or la SNAP s'est enquis auprès du provincial du degré d'avancement des travaux du comité, et s'est fait répondre qu'«il s'agit d'un groupe fédéral-provincial qui, après plusieurs années d'inactivité, a été réactivé récemment», a révélé le groupe dans un communiqué de presse.

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