Le Saint-Laurent à l'UNESCO: un rêve se dessine

L'urbaniste et coprésident du congrès 2014 de l'Ordre... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'urbaniste et coprésident du congrès 2014 de l'Ordre des urbanistes, Serge Filion, et le président de l'organisme les Amis de la vallée du Saint-Laurent, Gaston Déry, photographiés au bassin Brown. Selon M. Déry, il s'agit de l'endroit idéal pour bâtir la «Maison du Saint-Laurent» destinée à informer les gens sur le cours d'eau.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) L'inscription de certaines portions du Saint-Laurent au patrimoine mondial de l'UNESCO fait rêver l'urbaniste Serge Filion, qui plaide pour que le Québec prenne les moyens pour parvenir à le concrétiser. Mais cela n'est possible qu'à la condition de procéder à une gestion intégrée du bassin des Grands Lacs et du fleuve afin de mieux contrôler les territoires qui le bordent.

«C'est la meilleure façon de respecter l'eau qui coule dans le Saint-Laurent», tranche le coprésident du congrès 2014 de l'Ordre des urbanistes du Québec, qui s'ouvre mardi à Baie-Saint-Paul. 

M. Filion souhaite y planter la graine de son projet grandiose alors que l'événement a pour thème Aménager le Québec des régions au-delà des frontières.

La veine du Québec sera donc au coeur des discussions des professionnels de l'aménagement. Pour Serge Filion, cela s'inscrit dans l'ordre naturel des choses puisque les urbanistes sont appelés tous les jours à prendre des décisions le concernant en délivrant, par exemple, des permis de construire. Le développement d'une municipalité a un impact sur la ville en aval et ainsi de suite jusqu'au fleuve, illustre celui qui été le directeur de l'aménagement du territoire de la Ville de Québec de 1969 à 1995 puis au service de la Commission de la Capitale-Nationale du Québec jusqu'en 2005.

 Leader mondial

Par exemple, à Québec, ce qui est fait autour de la rivière Saint-Charles ou dans le port peut avoir des conséquences directes sur le Saint-Laurent. Idem pour les très nombreux bassins versants de la province, de l'Ontario et des États-Unis, fait valoir Serge Filion. 

«Une grande concertation est nécessaire», poursuit ce dernier, persuadé que la Belle Province peut initier le mouvement et devenir une leader mondiale dans la gestion des cours d'eau de l'ampleur de celui qui la traverse.

«Mais ça ne se fait pas dans la parlure», met en garde l'urbaniste, qui propose plutôt une «trithérapie» où les trois fronts de la gestion des terres agricoles, des transports et des forêts sont attaqués en même temps. De plus, il ne faut pas penser que le Québec doit cesser d'évoluer, prévient M. Filion. «Protéger ne signifie pas arrêter le développement économique», souligne l'expert, qui se plaît à décrire le fleuve comme «une autoroute que l'on boit» pour mettre en relief sa dualité fragilité-utilité. 

«Gestion intégrée»

Les initiatives qui découleront de la mise sur pied d'une «gestion intégrée» pourraient même représenter les premiers pas vers l'inscription de certaines portions du fleuve Saint-Laurent au patrimoine mondial de l'UNESCO. «Ça serait le gros lot», s'exclame Serge Filion, selon qui le rêve est à portée de main si tous les acteurs impliqués s'y mettent. 

Mais le fleuve seul ne peut cependant pas être reconnu par l'organisation onusienne. L'urbaniste précise que ce sont plutôt certains éléments patrimoniaux en lien avec sa nature et sa culture, comme le paysage qu'offrent les grandes forêts boréales qui le bordent, qui pourraient l'être. 

Certaines activités qui s'y pratiquent et qui sont uniques au cours d'eau, comme le canot à glace ou le sentier de la Bouette de L'Isle-Verte, pourraient également intéresser l'UNESCO. 

«C'est un sujet qui nous unit tous, plaide Serge Filion. Cela pourrait devenir un grand projet porté par le peuple québécois, poursuit-il, emballé par la perspective. Mais si l'on ne convainc pas la population, nous n'y parviendrons pas», laisse-t-il tomber.

Une maison pour le fleuve

Si le fleuve Saint-Laurent a été reconnu comme patrimoine national, il n'existe cependant pas d'espace physique pour le mettre en valeur et fournir des informations cruciales à son sujet. Les Amis de la vallée du Saint-Laurent (AVSL) comptent remédier à la situation en proposant la création d'une «Maison du Saint-Laurent».

«La meilleure façon de protéger le fleuve, c'est de le faire en éduquant», fait valoir le président de l'organisation, Gaston Déry.

Histoire, culture, géographie, biodiversité, économie : telle qu'imaginée, la future Maison du Saint-Laurent deviendrait un lieu central où touristes et curieux pourraient s'informer sur les multiples facettes du cours d'eau.

M. Déry croit que le bassin Brown constituerait un endroit idéal pour installer un tel bâtiment, dont le concept est entre autres inspiré de la Maison de Loire en Anjou, en France. Ses idéateurs espèrent que la formule québécoise s'inscrive, si elle se concrétise, au réseau des Maisons de fleuve de l'UNESCO.

Coup de pouce du Val de Loire

Les Québécois peuvent compter sur les Français du Val de Loire pour les appuyer et leur donner un coup de pouce dans leurs démarches pour faire reconnaître des portions du fleuve Saint-Laurent au patrimoine mondial de l'UNESCO.Après de nombreuses années de travail, le Val de Loire a été inscrit en 2010 sur la prestigieuse liste de l'organe onusien pour son patrimoine architectural et urbain de ses châteaux et cités historiques. Le président de la Maison de Loire en Anjou, Yves Joulain, et la chargée de Mission Patrimoine et action territoriale au Val de Loire, Myriam Laidet, témoigneront de l'expérience française au congrès de l'Ordre des urbanistes du Québec qui s'ouvre mardi à Baie-Saint-Paul. «Les Québécois peuvent compter sur notre solidarité et notre expertise», a affirmé Mme Laidet en entrevue téléphonique depuis l'Hexagone. Si la route peut être longue pour la reconnaissance de l'UNESCO, l'ingrédient essentiel selon elle est l'adhésion de la population au projet. Elle rappelle aussi que ses instigateurs doivent être en mesure de bien définir ce qui, pour le fleuve Saint-Laurent, représente «une partie de la mémoire de l'humanité que l'on ne retrouve nulle part ailleurs».  

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