Résidus de phoques à la mer

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6000 peaux de phoques ont été jetées dans les eaux des Îles-de-la-Madeleine

Collaboration spéciale Yoanis Menge

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Îles-de-la-Madeleine) Pendant que la chasse au phoque demeure une industrie controversée, Le Soleil a appris qu'au cours des trois dernières années, la fourrure et la graisse des 6000 phoques abattus par les chasseurs des Îles-de-la-Madeleine ont été abandonnées sur la banquise ou jetées à l'eau.

«Idéalement, on demande aux chasseurs de trouver un trou d'eau pour les jeter, surtout pour éviter que des animalistes qui survoleraient avec leur hélicoptère pensent qu'on est en train d'enlever la fourrure du phoque pendant qu'il est encore vivant», raconte le directeur de l'Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine, Gil Thériault.

À savoir si cette pratique est éthique, le porte-parole des chasseurs de phoques répond que cette situation est due à l'absence de marché pour la peau et la graisse. «On aimerait bien mieux vendre la bête au complet», explique-t-il.

Dans les faits, l'industrie du loup-marin des Îles-de-la-Madeleine est mal en point depuis la fermeture de l'entreprise Tamasu et le décret, en 2009, de l'embargo européen interdisant la vente des produits du phoque. Tamasu était une entreprise des Îles-de-la-Madeleine qui transformait la peau et la graisse du phoque. Elle a cessé ses activités en 2007 après l'incendie de son usine.

Les chasseurs n'ont pas pu se tourner vers Terre-Neuve, qui dispose des équipements nécessaires à la transformation des peaux et des graisses du mammifère marin. De l'avis de Gil Thériault, c'est parce que l'industrie du phoque de cette province reçoit une subvention de son gouvernement pour le traitement des peaux. «Comme son quota n'était pas atteint, l'industrie terre-neuvienne ne voulait pas prendre des peaux du Québec, commente le porte-parole madelinot. C'est normal.»

Mauvaise fortune

Mais par-dessus tout, l'origine de leur malheur provient des animalistes, croit M. Thériault. «Un des gros problèmes qu'on a, ce sont les campagnes animalistes sensationnalistes à coup de millions de dollars», s'insurge Gil Thériault.

Celui-ci considère que la mauvaise fortune de ses membres est d'autant plus inacceptable du fait que l'industrie de la fourrure se porte très bien dans le monde. «Il se vend pour 15 milliards $ de fourrures sur la planète, estime M. Thériault. Ça n'a jamais été aussi populaire et en demande!»

En 2007-2008, un chasseur de phoques pouvait obtenir 100 $ par peau. Les années suivantes, le prix a chuté à environ 30 $. «Pourtant, une peau de phoque de qualité A1 peut se vendre 190 $ sur le marché, estime le directeur de l'Association. Contrairement au vison d'élevage, par exemple, la chasse au phoque est variable. De plus, c'est un métier dangereux.»

Si les chasseurs de phoques ne trouvent pas preneurs pour la peau et la graisse de leurs prises, ils peuvent au moins compter sur un marché florissant et en croissance généré par la transformation de la viande de loup-marin. D'ailleurs, la boucherie Côte à Côte des Îles-de-la-Madeleine a développé une panoplie de produits fins à base de chair de phoque. Selon le directeur de l'Association des chasseurs de phoques, la demande est plus forte que l'offre. «Le boucher transforme la viande d'environ 1500 bêtes par année, mais il pourrait en prendre 5000», soutient M. Thériault.

Ouvert depuis douze ans, le commerce vend ses produits à la grandeur du Québec. La boucherie propose plus d'une dizaine de charcuteries et de préparations à base de phoque, dont des morceaux de viande crue, des rillettes, des pâtés, des confits, des terrines et des saucisses.

*****************

Décision attendue de l'OMC

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait bientôt faire connaître sa décision entourant les raisons morales invoquées par l'Union européenne pour interdire l'importation des produits dérivés du phoque.

«Les animalistes ont ouvert une brèche en misant sur l'immoralité de la chasse au phoque, ce qui serait un précédent, dénonce le directeur de l'Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine, Gil Thériault. Si c'est immoral de tuer un phoque, c'est immoral de tuer un boeuf ou un porc, de gaver des oies et d'utiliser des taureaux pour les tauromachies. Ce sont des extrémistes! On parle des terroristes avec des bombes, mais c'est aussi pire! La prostitution est morale aux Pays-Bas, mais c'est immoral de tuer des phoques? C'est fort.»

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