Coupes dans le compostage communautaire: Québec fait volte-face

En matinée mercredi, Louis Guillemette, agent de développement... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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En matinée mercredi, Louis Guillemette, agent de développement en compostage urbain chez Craque-Bitume, craignait toujours de voir le programme de compostage communautaire être largué par la Ville. C'était avant que le conseiller Steeve Verret ne confirme au Soleil en après-midi que le financement à l'organisme sera finalement reconduit.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Après avoir coupé en décembre son aide financière pour la gestion de neuf sites de compostage communautaire, la Ville de Québec fait volte-face. Elle reconduira son entente avec l'organisme Craque-Bitume et le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste pour ce programme auquel participent des centaines de citoyens du centre-ville.

«Il y aura peut-être quelques sous de moins, mais on s'est engagé à maintenir le service», a confirmé au Soleil mercredi après-midi le conseiller municipal responsable de l'environnement, Steeve Verret.

L'entente entre la Ville et Craque-Bitume prévoit 23 000 $ pour que l'organisme gère huit sites et offre de la formation pour encourager cette pratique écologique.

Même chose pour le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, qui touche 2500 $ pour les mêmes services au site du parc Richelieu.

Steeve Verret a assuré au Soleil mercredi que sa décision était prise depuis qu'il a pris connaissance de la coupe proposée lors de l'analyse du budget du Service des travaux publics, le 20 décembre.

Or, la décision n'avait pas été officiellement transmise aux organismes qui vivaient toujours dans l'inquiétude de voir le partenariat tomber à l'eau.

Mercredi matin, les responsables de Craque-Bitume et du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste confiaient en effet au Soleil craindre de voir leurs projets pourtant bien implantés être largués par les autorités municipales.

«Pas cohérent»

«Ce n'est pas cohérent», déplorait Louis Guillemette, agent de développement en compostage urbain chez Craque-Bitume, anciennement connu sous le nom d'Éco-Quartier. «Ça va nous nuire énormément si ce n'est pas renouvelé.»

Souhaitant garder ouverts les neuf sites où 500 citoyens de Limoilou, de Saint-Roch et de Saint-

Sauveur vont depuis des années porter leurs restes de table et chercher du compost gratuitement, il envisageait de faire commanditer les sites ou demander de l'aide à Recyc-Québec. «C'est la responsabilité de la Ville de gérer les matières résiduelles. Qu'on doive cogner au provincial à d'autres portes, on trouve que c'est la Ville qui devrait prendre ça en charge.»

Même son de cloche du côté de Mathieu Houle-Courcelles, du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, qui s'était fait dire à la mi-décembre que le financement n'était pas renouvelé pour des raisons «d'équilibre budgétaire».

Les deux organismes avaient alors interpellé les conseillères des quartiers touchés, Chantal Gilbert, Suzanne Verreault et Geneviève Hamelin.

Mais outre un engagement verbal des trois élues pour la suite du projet et une information à l'effet que la décision de couper était discutée, rien n'avait été confirmé.

L'annonce de la reconduction de l'entente de gestion des sites de compostage communautaire a finalement été transmise aux deux organismes en fin de journée, après l'entrevue accordée par M. Verret au Soleil.

Cet engagement de la Ville survient au lendemain de l'annonce de la fin du projet pilote de compostage dans 3800 résidences de Québec en attendant l'usine de biométhanisation en 2016.

Arrêter à la fois ce projet pilote et l'aide au compostage communautaire n'était pas une bonne idée, a reconnu M. Verret.

«C'est une question de principe, tu ne peux pas couper les deux en même temps. Ça, ce n'est pas le bon message.»

Ailleurs au Québec: est-ce qu'on collecte les matières compostables?

> Gatineau : depuis 2010; 20 600 tonnes de matières compostables recueillies annuellement

Le service s'étend aujourd'hui à toutes les résidences unifamiliales, les jumelés, les multiplex et les condominiums.

> Lévis : depuis 2011; 12 000 tonnes de matières compostables recueillies annuellement

> Sherbrooke : depuis 2008; 13 000 tonnes de matières compostables recueillies annuellement

> Laval : depuis le début des années 2000 pour les citoyens participants dans certains secteurs de Champfleury, Chomedey et Laval-des-Rapides

> Trois-Rivières : non; «On n'en fait pas et on n'a pas l'intention d'en faire à moins d'avoir une obligation venant du gouvernement. Ça ne nous intéresse pas, c'est une opération coûteuse et fastidieuse. Et on n'a pas d'endroit où aller déposer les matières depuis que notre site de compostage a été fermé à cause des plaintes de citoyens.» - le porte-parole Yves Toutant

> Saguenay : non; «On a l'intention de le faire un jour, mais il n'y a aucun échéancier pour le moment.» - le porte-parole Jeannot Allard

> Montréal : projet-pilote pour 5000 citoyens du Plateau-Mont-Royal

> Longueuil : non, mais projet à venir

Avec Isabelle Mathieu

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