La centrale Gentilly-2 de Bécancour cesse de produire de l'électricité

La fermeture de Gentilly-2 coûtera 1,8 milliard $,... (Photo: Émilie O'Connor)

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La fermeture de Gentilly-2 coûtera 1,8 milliard $, étalés sur plus de 50 ans.

Photo: Émilie O'Connor

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(Montréal) La centrale Gentilly-2, exploitée depuis 1983 à Bécancour, dans le Centre-du-Québec, a cessé de produire de l'électricité vendredi.

Le gouvernement Marois avait annoncé sa fermeture définitive et son déclassement quelques jours après les élections du 4 septembre dernier.

Malgré la contestation et les manifestations, la décision a été maintenue: pour le gouvernement Marois, la réfection de Gentilly-2 ne serait pas économiquement rentable pour les Québécois.

À l'annonce de la fermeture de la centrale, les environnementalistes ont crié victoire. D'autres se sont inquiétés des conséquences économiques négatives pour la région. Le président de la Chambre de commerce du Coeur-du-Québec, Jean-Denis Girard, est de ceux-là.

Il craint que plusieurs employés d'Hydro-Québec soient contraints de déménager pour trouver de nouveaux emplois, une situation qui, à son avis, contribuerait à vider les écoles primaires et à priver les commerces locaux d'importants revenus, entre autres.

Récemment, le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a tenu à rassurer les employés et leurs représentants syndicaux. Il a affirmé que les prochaines étapes seront réalisées grâce à l'expertise de plusieurs d'entre eux et dans le respect des conventions collectives en vigueur.

Qu'importe, selon la conseillère syndicale pour le Syndicat canadien de la fonction publique, Murielle Masse, «il n'y a rien» qui permettra de réconcilier les travailleurs de Gentilly-2 avec la décision du gouvernement.

«Les employés ont une sécurité d'emploi, mais le problème, c'est qu'ils ne savent pas encore où ils vont être relocalisés», souligne-t-elle. De plus, comme le rappelle M. Girard, les employés aux statuts temporaires et surnuméraires ont déjà été mis à pied.

Les travaux de démantèlement seront réalisés sur une période de 18 mois, jusqu'au milieu de 2014. Ils consisteront notamment à décharger le combustible du réacteur, à traiter l'eau lourde et à désactiver plusieurs systèmes de la centrale.

Cette étape sera suivie d'une période de «dormance» de 40 ans. Le combustible sera par la suite évacué du site, la centrale entièrement démantelée et le site remis en état. Ces différentes étapes s'échelonneront donc jusqu'en 2062.

La fermeture de Gentilly-2 devrait coûter 1,8 milliard $, étalés sur plus de 50 ans.

Il s'agit du premier déclassement officiel d'une centrale nucléaire au monde, selon M. Girard, qui aurait préféré que le gouvernement alloue davantage de temps à cette opération.

«Je trouve ça déplorable qu'on ait pris une décision aussi rapide, sans en connaître les tenants et aboutissants», lance-t-il. «On a pris quatre ans à planifier la réfection! Dans les rapports d'Hydro-Québec, on indique qu'un déclassement demande quatre à cinq ans de travail, et on n'a eu que quelques mois pour planifier celui-ci.»

Il ajoute qu'Hydro-Québec «n'est pas prêt» à donner les formations pour les employés qui ont travaillé dans le nucléaire seulement, et qui devront désormais occuper de nouvelles fonctions au sein de la société d'État.

«Le gouvernement a le droit de fermer Gentilly-2, mais de grâce, faites-le dans le respect des employés», laisse-t-il tomber.

Les impacts de la fermeture de la centrale nucléaire seront débattus en commission parlementaire les 29 et 30 janvier prochains. En plus de ces impacts, la commission parlementaire étudiera le plan de diversification économique de 200 millions $ qui doit être mis en place pour compenser le déclassement de l'infrastructure située à Bécancour.

Des représentants des villes de Trois-Rivières et de Bécancour seront entendus, comme des élus régionaux et des porte-parole de chambres de commerce. Hydro-Québec répondra également aux questions sur le projet de réfection de l'installation, jugé trop coûteux par le gouvernement.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a cependant déjà indiqué que la décision du gouvernement était irrévocable.

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