Sandy dans l'Est-du-Québec: on s'y prépare en se souvenant de 2010

Donald Steele regarde les travaux d'enrochement effectués ... (Collaboration spéciale Carl Thériault)

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Donald Steele regarde les travaux d'enrochement effectués lundi le long de sa propriété à Sainte-Luce, à l'est de Rimouski.

Collaboration spéciale Carl Thériault

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Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Sainte-Luce-sur-Mer) Donald Steele et sa conjointe se préparent à l'arrivée de l'ouragan Sandy. Lundi, une pelle mécanique procédait à des travaux d'enrochement pour protéger leur terrain et leur propriété de Sainte-Luce-sur-Mer, à l'est de Rimouski. Dans la remise, du contreplaqué pour placarder au besoin les fenêtres du sous-sol, selon l'évolution de cette tempête surnommée «Frankenstorm».

Le couple est au nombre des résidants de ce secteur qui n'ont pas déménagé ni démoli leur maison à la suite des hautes marées de décembre 2010, quitte à prendre le risque et des précautions. «On ne sait pas ce qui peut arriver avec l'annonce de cette tempête incroyable. On suit la situation de proche. En décembre 2010, on a perdu de quatre à cinq pieds de terrain et des gros morceaux de bois ont été projetés sur notre maison. Ce sont des travaux prévus pour cet été, mais avec l'annonce de la tempête, on était plus pressé», explique M. Steele.

«C'était triste depuis deux ans de voir maison après maison partir entre Sainte-Luce et Sainte-Flavie. Pour nous, Sainte-Luce-sur-Mer, c'est un paradis. C'est trop beau. Il faut voir les couchers de soleil... On accepte les risques, mais on va aussi se protéger.»

Depuis deux ans, dans le seul secteur Sainte-Luce et Sainte-Flavie, 69 maisons ont été démolies et 20 ont été déplacées. La conjugaison des hautes marées d'automne alimentées par des pluies abondantes, des vents très violents et une basse pression barométrique avait été jusqu'à défoncer des maisons le long des berges des deux rives du fleuve, causant des dommages évalués à quelque 60 millions $.

Lundi, dans l'Est-du-Québec et sur la Côte-Nord, c'était le branle-bas de combat en préparation de Sandy. Environnement Canada a publié un avertissement d'onde de tempête pour cet après-midi basé sur des «vents forts sur les secteurs maritimes et de la période de marée à fortes amplitudes», avec un risque de déferlement de vagues dans les secteurs de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Trois-Pistoles, Rimouski, Mont-Joli (hautes marées attendues de 13 pieds), Matane, Sainte-Anne-des-Monts, Grande-Vallée, Parc-Forillon, Gaspé, Percé, New Carlisle, Chandler, Les Escoumins, Forestville, Baie-Comeau, Sept-Îles et Port-Cartier.

Traversées annulées

Les traversées du Camille-Marcoux, qui relie Matane à Baie-Comeau et à Godbout, de même que celles de Rivière-du-Loup-Saint-Siméon, ont été annulées lundi. La situation devait être réévaluée en fin de journée pour les traversées de mardi, tout comme pour celles de l'Isle-aux-Coudres-Saint-Joseph-de-la-Rive et de Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine.

Confiant

À Maria, dans la baie des Chaleurs, l'endroit le plus touché par la tempête du 6 décembre 2010, le maire Normand Audet semblait rassuré par les derniers rapports météorologiques. «On sent une frénésie qui s'installe quand on écoute les bulletins venant des États-Unis, mais ici, quand on regarde les paramètres, ce n'est pas inquiétant. Les précipitations, la force du vent et les marées sont toutes en deçà des seuils qui causeraient des dommages ici», notait le maire.

On attendait des précipitations de 30 millimètres pour mardi, des vents de l'ouest et une marée assez haute, mais loin du seuil de décembre 2010. «Ici, c'est le vent d'est, venant de l'ouverture sur la baie des Chaleurs, qui peut faire des dommages, pas un vent d'ouest», précise M. Audet.

Du côté de Matane, le directeur du service des incendies, Pierre Dugré, disait lundi ne pas avoir reçu de consignes particulières de la Sécurité civile. «L'information que j'ai parle de forts vents, sans préciser l'intensité. Si ce sont des vents du sud, ce n'est pas inquiétant. Si ce sont des vents du nord-est, c'est autre chose.»

À Sainte-Anne-des-Monts, le directeur du service des incendies, Carol Dugas, ne s'inquiétait pas outre mesure de Sandy. «Selon les informations que j'ai, ça risque de brasser plus à Québec et à Montréal.»

Avec la collaboration de Marc Larouche (Rivière-du-Loup), de Johanne Fournier (Matane et Sainte-Anne-des-Monts), de Gilles Gagné et Genevieve Gélinas (Gaspé et Baie-des-Chaleurs) et de Brigitte Lavoie (Charlevoix)

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