L'examen de 30 ingrédients de pesticides demandé par des écologistes

Les pesticides s'accumulent dans l'environnement bien plus longtemps...

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Les pesticides s'accumulent dans l'environnement bien plus longtemps que lors de leur seule utilisation.

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(Québec) Des organisations environnementales demandent à Ottawa de procéder à l'examen spécial de 30 ingrédients utilisés dans des centaines de pesticides en raison du risque qu'ils représentent pour la santé et l'environnement. Autorisés au Canada, ces ingrédients sont tous interdits dans au moins un autre pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Équiterre et la Fondation David-Suzuki se sont associés à Écojustice, une organisation de chercheurs utilisant la voie judiciaire pour défendre le droit à un environnement sain, pour demander à la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, de réviser une liste de 30 ingrédients actifs qui se retrouvent dans plus de 700 produits domestiques et agricoles homologués au Canada.

Dans une lettre à la ministre rendue publique lundi, le regroupement fait valoir l'article 17 de la Loi sur les produits antiparasitaires, qui prévoit qu'un citoyen peut demander un tel examen lorsqu'un produit est banni par un autre pays de l'OCDE pour des motifs sanitaires ou environnementaux.

Impacts documentés

C'est le cas des 30 ingrédients listés, indique Isabelle St-Germain, directrice générale adjointe d'Équiterre au Québec. Parmi ceux-ci, on retrouve par exemple l'atrazine, un ingrédient très commun qui se retrouve dans une dizaine de produits herbicides et qui a été détecté dans des cours d'eau du Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique. Leur impact sur le système endocrinien est bien documenté, indique la porte-parole. L'atrazine est bannie en Europe depuis 2004.

Autre exemple : le 2,4-D, utilisé dans près de 150 pesticides, et qui aurait un lien avec le cancer de la lymphe. Il est interdit en Norvège depuis l'année 2000.

Des résidus d'autres produits aussi interdits de l'autre côté de l'Atlantique ont été trouvés sur des fruits et légumes vendus au Québec.

Les pesticides s'accumulent dans l'environnement bien plus longtemps que lors de leur seule utilisation, souligne Mme St-Germain. «C'est l'héritage qu'on laissera aux générations futures, sans avoir fait d'analyses sur le long terme.»

L'article 17 de la loi donne aux organisations la poigne nécessaire pour demander à la ministre d'intervenir. Le but est bien sûr d'en arriver à ce qu'ils soient interdits aussi sur le territoire canadien. «Nous aussi on a droit à cette protection [qui existe dans d'autres pays]», conclut Mme St-Germain.

La lettre à la ministre fédérale et la liste des ingrédients ciblés (en anglais seulement) peuvent être consultées sur le site d'Équiterre, au www.equiterre.org.

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