TCE à Shannon: l'assainissement prévu pour 2015

Plutôt que d'essayer d'intervenir dans la nappe phréatique,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Plutôt que d'essayer d'intervenir dans la nappe phréatique, on a décidé d'aspirer le nuage de pollution pour l'éliminer sur terre, puis de rejeter l'eau nettoyée dans la rivière Jacques-Cartier.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La Défense nationale prévoit finalement entreprendre en 2015 l'assainissement de la nappe phréatique contaminée au TCE qui s'écoule depuis la garnison Valcartier vers la municipalité de Shannon et le secteur Val-Bélair, au nord de Québec. Une entreprise d'envergure qui s'étirera sur une quinzaine d'années.

«Le projet d'interception de TCE sur lequel le ministère de la Défense nationale travaille consiste à mettre en oeuvre, pour une durée d'opération de 15 ans, et qui doit se terminer en 2030, un système de pompage et de traitement dont le pompage serait situé à la limite de propriété de [l'armée] avec la municipalité de Shannon», explique Kathleen Guillot, conseillère principale en communications à la Défense nationale canadienne.

À la frontière de la base militaire, des puits permettront donc de capter l'eau polluée par le trichloroéthylène (TCE), un dégraissant industriel cancérogène qui percole dans la nappe phréatique à partir des terrains de l'armée. Le nettoyage se fera sur place, à la surface.

«C'est un système [...] pour intercepter le panache de TCE qui s'écoule entièrement sous le territoire de la propriété du Ministère avant d'atteindre la municipalité de Shannon et la rivière Jacques-Cartier.» L'eau épurée sera ensuite déversée dans la nature.

«Avec ce projet, on escompte que ça va amener une amélioration de la qualité de l'eau souterraine dans la portion de l'aquifère qui est sous le territoire de Shannon avec une diminution des concentrations de TCE qui y sont présentement et une réduction des rejets allégués à la rivière Jacques-Cartier», ajoute Mme Guillot.

Le début de l'opération mettra fin à plusieurs années de rebondissements. L'armée a injecté des millions de dollars depuis 2006 afin de tester des méthodes de décontamination qui se sont révélées peu efficaces. On a d'abord tenté de purifier l'eau directement sous terre, sans succès.

Lasse d'enchaîner les expérimentations peu probantes, la Défense nationale est passée au plan B il y a un an: plutôt que d'essayer d'intervenir dans la nappe phréatique, on a décidé d'aspirer le nuage de pollution pour l'éliminer sur terre, puis de rejeter l'eau nettoyée dans la rivière Jacques-Cartier.

«C'est un dossier qui ne se termine pas! Ce sera une bonne chose s'ils peuvent commencer un processus de décontamination», se satisfait le maire de Shannon, Clive Kiley. «Ça a commencé en décembre 2000, quand on a découvert le problème, et on est en 2012... Rendu à décembre, ça va faire 12 ans qu'on est là-dessus. C'est un dossier qui est assez long.»

Mauvaise réputation

Le maire regrette que sa municipalité soit reconnue pour la contamination de sa nappe phréatique. Au cours d'un récent séjour privé en Nouvelle-Écosse, un inconnu rencontré par l'élu a justement fait le lien entre la ville et le TCE. «Shannon, c'est où ça?» demandait le quidam. «Ah oui! C'est la place où ils ont eu de la contamination.»

Le maire Kiley rappelle toutefois que le gouvernement fédéral a financé un réseau d'aqueduc neuf et que l'eau distribuée est tout à fait propre. «Pour la municipalité, la priorité, c'était que nos résidants aient une eau de qualité, une eau potable, à boire.»

La contamination de l'eau qui circule sous les terrains des Shannonites suscite toutefois toujours des craintes. La présidente du Regroupement des citoyens de Shannon, Marie-Paule Spieser, évalue que les vapeurs de TCE peuvent se faufiler jusque dans les résidences, par les sous-sols.

Elle espère donc que cette fois, la décontamination sera effectivement entreprise. Et elle se demande pourquoi la Défense nationale a attendu si longtemps avant de lancer les travaux: «Pourquoi en 2015? Pourquoi il ne s'est rien fait depuis? C'est vraiment élémentaire comme système [de traitement de l'eau]. Pourquoi ça n'a jamais été fait avant? Et d'ici 2015, on fait quoi?»

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