Gentilly-2: des futurs ingénieurs nucléaires contre la fermeture

Haykel Raouafi, Mehdi Mahjoub et Emmanuel Saint-Aubin avaient... (Le Soleil, Ian Bussières collaboration spéciale)

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Haykel Raouafi, Mehdi Mahjoub et Emmanuel Saint-Aubin avaient fait le voyage jusqu'à Bécancour pour démontrer leur appui au maintien de la centrale.

Le Soleil, Ian Bussières collaboration spéciale

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(Bécancour) «Quand j'ai terminé mon stage en 2008, Jean Charest annonçait la réfection de Gentilly-2. Aujourd'hui, je termine mon doctorat et le nouveau gouvernement annonce la fermeture!» Pour Emmanuel Saint-Aubin, qui avait reçu une bourse d'Hydro-Québec pour entreprendre des études en génie nucléaire, la fin de Gentilly-2 serait aussi la fin d'un rêve.

Emmanuel et deux autres étudiants en génie nucléaire de l'École polytechnique de Montréal, Mehdi Mahjoub et Haykel Raouafi, avaient fait le voyage jusqu'à Bécancour pour démontrer leur appui au maintien de la centrale.

«Une fermeture affecterait aussi les étudiants, les professeurs. Ça ferait disparaître le financement et la relève. Le pire, c'est que comme toute l'expertise en génie nucléaire quittera pour l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et les États-Unis, le Québec devra faire appel à des experts de l'extérieur, ce qui est beaucoup plus coûteux, durant le processus de déclassement de la centrale qui peut durer 30 ans», souligne M. Saint-Aubin.

Malgré Fukushima

Les trois jeunes hommes demeurent convaincus que l'énergie nucléaire est encore une voie d'avenir, même après la catastrophe de Fukushima. «Mon père est directeur général de l'Agence arabe de l'énergie atomique et je peux vous dire que même s'il se produit beaucoup de pétrole dans le monde arabe, il se construit aussi beaucoup de centrales nucléaires, dont plusieurs aux Émirats Arabes Unis», souligne M. Mahjoub.

«Et dans le cas de Fukushima, il faut tenir compte de la situation particulière du Japon, un pays très sujet aux tremblements de terre et aux tsunamis», précise Emmanuel Saint-Aubin.

Problème de communication

«C'est dommage que pour Fukushima, on n'ait pas entendu beaucoup parler du rapport qui dit que les conséquences de l'accident ont été très mineures», reprend Mehdi Mahjoub. L'étudiant en génie nucléaire avoue finalement que l'industrie nucléaire souffre d'un problème de communication et que c'est l'un des aspects qui nuit beaucoup dans le dossier de Gentilly-2.

«Pendant 50 ans et même plus, l'industrie a eu un problème de communication, alors je comprends un peu la population d'avoir peur du nucléaire, car on a mal communiqué l'information. Mais il serait temps que les gens comprennent que l'énergie nucléaire est sécuritaire et bien plus propre que le pétrole par exemple.»

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