«La Ville n'a pas atteint l'objectif de réduction qu'elle s'était fixé», a indiqué M. Gagnon en présentant mercredi matin son rapport annuel en conférence de presse à l'hôtel de ville.
En 2004, dans son Plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Ville s'est donnée comme objectif de réduire de 60 000 tonnes sa production annuelle de CO2. Or, moins du quart de cet objectif a été atteint.
«On a voulu comprendre les causes», a expliqué M. Gagnon mercredi.
La cause principale : 40 000 des 60 000 tonnes de l'objectif devaient être réduites au centre de captage du biogaz du site d'enfouissement de Saint-Tite-des-Caps.
Or, si la réduction a été réussie les trois premières années, explique le vérificateur dans son rapport, de nombreuses interruptions dans le fonctionnement de la torchère servant à brûler les biogaz ont provoqué une baisse du rendement entre 2007 et 2010. La chute de l'efficacité est notamment attribuable à un réseau de captage non étanche, à certaines obstructions du même réseau et à une collecte de biogaz difficile pendant l'hiver.
Dans son rapport, François Gagnon cible aussi le Réseau de transport de la Capitale, dont la croissance du service entre 2004 et 2012 n'a pas été prise en compte au moment d'établir les cibles environnementales à atteindre. «Le plan était fait sur une stabilité de la clientèle», note M. Gagnon.
Présent à la conférence de presse du vérificateur général mercredi, le conseiller indépendant Yvon Bussières a qualifié d'échec ce faible résultat de réduction de gaz à effet de serre. «Les élèves doivent reprendre leurs travaux», a-t-il illustré.
ExpoCité et dette
Ces observations sur les changements climatiques sont contenues dans un rapport de 400 pages, le quatrième de François Gagnon depuis son entrée en poste.
Dans le document, celui-ci s'intéresse aussi au processus d'appels d'offres d'ExpoCité qui devrait être mieux planifié pour éviter de favoriser des fournisseurs. Il donne notamment l'exemple d'un fournisseur invité à soumissionner sur le devis qu'il avait «de toute évidence contribué à préparer».
Comme il l'avait souligné l'an dernier, François Gagnon réitère cette année que Québec demeure plus endettée que les autres villes comparables. Mais le vérificateur général salue les efforts de l'administration en place pour contenir l'endettement, notamment le cadre financier. Annoncé en novembre par le maire Régis Labeaume, il prévoit que la Ville versera 7,4 millions $ par an jusqu'à concurrence de 50 millions $ en 2021 dans un fonds spécial pour le paiement accéléré de la dette. «La mise en place du mécanisme pour augmenter le "payer comptant" fera en sorte que la dette devrait réduire dans les prochaines années», note M. Gagnon.
POUR UN MEILLEUR SUIVI DES GRANDS PROJETS
Avec en route un projet aussi majeur que celui de l'amphithéâtre, la Ville de Québec doit avoir des méthodes de gestion exemplaires, estime le vérificateur général, François Gagnon. Et si elle a «une bonne maîtrise sur la gestion de ses projets», la Ville devrait se doter d'un mécanisme plus uniforme pour suivre l'évolution et les coûts d'un projet, estime-t-il dans son rapport annuel.
M. Gagnon arrive à cette conclusion après avoir analysé de près trois projets d'infrastructures, soit la prise d'eau de l'ancienne Ville de Sainte-Foy, l'aréna de Giffard et l'usine de traitement d'eau potable de Québec, rue de la Faune.
«On a constaté que la Ville avait une bonne maîtrise sur la gestion de ses projets. Mais le constat est que le type de réédition de compte à la haute direction devait être amélioré», dit-il.
M. Gagnon plaide pour que plus d'information soit transmise à chaque phase de réalisation, de l'appel d'offres jusqu'à la fin d'un projet. «Il faudrait avoir une façon standardisée de donner le suivi», dit-il.
Il entreprendra à l'automne un mandat précisément sur la question de l'information au suivi des coûts des grands projets. Quant à l'amphithéâtre de 400 millions $, il n'est pour l'instant pas encore sous la loupe du vérificateur général. «Le projet d'amphithéâtre préoccupe beaucoup de monde, et c'est évident que c'est projet d'ampleur, dit-il. Il est possible qu'on fasse une vérification particulière à la fin des travaux.»