Pêcher en suivant les marées

Bernard Côté vérifie chaque jour les pêches de... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Bernard Côté vérifie chaque jour les pêches de l'Aquarium du Québec et en fait l'inventaire.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partager

(Québec) Beau temps, mauvais temps, de jour comme de nuit, sept jours sur sept, du printemps à l'automne, à chaque marée que la Lune amène, Bernard Côté fait le tour de ses pêches et visite au passage celle de l'Aquarium. Le temps d'un inventaire, et hop, les prises sont remises à l'eau!

 

 

 

 

 

 

 

 

L'homme de 51 ans a installé ses premières pêches à anguilles au bord du fleuve en 1981. À une certaine époque, alors qu'il achetait les prises d'autres pêcheurs, il «chipait» jusqu'à deux millions de livres de poisson congelé en Corée chaque année. Aujourd'hui, dit-il, les prises pour tout le Québec sont d'à peine 100 000 livres.

À l'heure du midi, jeudi, il a dénombré dans la pêche de Saint-Nicolas des aloses savoureuses, quelques barbues de rivière, un doré jaune, une anguille, un bar rayé, un esturgeon jaune et... un grand héron, habitué de son installation. À l'aide d'un large filet, le pêcheur a délicatement ressorti le gourmand, qui n'a pas demandé son reste avant de s'envoler!

Rejetés à l'eau

Comme il s'agit d'une pêcherie scientifique, explique Stéphane Masson, de l'Aquarium du Québec, les poissons sont remis à l'eau, sauf s'ils sont morts ou pour des fins d'études particulières, par exemple sur les contaminants.

Bernard Côté dit très bien percevoir la baisse du niveau du fleuve, même si celle-ci épargne la région de Québec grâce aux marées. Il y a quand même moins d'eau, dit-il, et elle redescend plus vite.

Aussi, dans la journée de mercredi, il a récolté au moins 800 livres d'alose alors que normalement, le petit poisson est parti.

Des roches inconnues

Alain Doré est un autre de ces quelques pêcheurs commerciaux qui sillonnent encore le fleuve. Cette année, il dit avoir vu dans les embouchures des rivières des roches qu'il n'avait jamais vues en 30 ans.

«Regardez La Chaudière à la hauteur des ponts, elle se traverse à pied», dit celui qui a pris le relais de Jos Paquet, de la poissonnerie du même nom à Saint-Pierre, sur l'île d'Orléans. Il constate aussi que la chaleur maintient le doré en eau plus profonde qu'à l'habitude.

L'esturgeon jaune et l'esturgeon noir, qui comptent parmi les vedettes de la poissonnerie, ont été au rendez-vous, dit-il, mais les clients n'ont pu déguster beaucoup d'anguilles du lac Saint-Pierre durant l'été, en raison du bas niveau d'eau.

Dans la région de Québec, où sa capture devrait commencer dans quelques jours, Alain Doré se montre modérément optimiste. «On devrait en prendre, mais je ne m'attends pas à grand-chose parce que c'est trop chaud.»

Le biologiste Steve Garceau, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, a précisé à ce sujet qu'il n'y a pas que le bas niveau d'eau qui influence les prises d'anguilles, mais également la diminution des stocks, due notamment à la présence de barrages sur certaines rivières.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer