Le fleuve Saint-Laurent manque d'eau

Pendant que l'eau disponible se concentre dans le... (Photos Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Pendant que l'eau disponible se concentre dans le canal de navigation au centre du fleuve, les abords herbeux se vident, empêchant certaines espèces de venir y frayer.

Photos Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) L'été sec que l'on connaît a un impact majeur sur le fleuve Saint-Laurent qui, dans la région de Montréal, bat des records de bas niveau. Or, qui dit moins d'eau dit moins de poissons, une situation qui se répercute jusqu'à Québec.

Le secteur de la capitale ne souffre pas du même tarissement que celui de la métropole, car il bénéficie de l'apport des marées.

Cet effet se répercute en diminuant graduellement jusqu'au lac Saint-Pierre, passant de quelques mètres d'amplitude à quelques centimètres à cette limite, explique André Carpentier, du Centre d'expertise hydrique du ministère québécois du Développement durable.

À Montréal, par contre, le niveau moyen du fleuve en août était à son plus bas depuis 1967, année où la construction de l'île Notre-Dame est venue modifier l'environnement.

Ces derniers jours, il battait encore des records, selon André Bouchard, du service de relevés hydrologiques d'Environnement Canada.

Impact sur la survie des espèces

Stéphane Masson, coordonnateur scientifique à l'Aquarium du Québec, indique que l'effet des basses eaux sur la faune aquatique se fait sentir jusqu'à l'île d'Orléans, qui marque la zone tampon entre les eaux douces et les eaux saumâtres.

«Ça a un impact majeur sur la distribution, l'abondance et la survie de certaines espèces, surtout quand ça arrive à l'automne, alors qu'il y a des patrons de migration récurrents chaque année.»

Ainsi, les poissons d'eau froide comme le doré ou la perchaude, qui sont normalement visibles au début septembre à la pêcherie de Saint-Nicolas que gère l'Aquarium depuis une quarantaine d'années, sont presque absents dans le moment. En contrepartie, les espèces d'eau chaude, comme l'alose délicieuse, qui devraient être parties, sont en nombre record.

Selon M. Masson, de tels stress ont un effet sur la reproduction, si bien qu'il peut se créer des trous dans certaines cohortes d'âge. Le problème devient plus marqué au moment où ces cohortes sont en âge de se reproduire, trois ou quatre ans plus tard.

Spécialistes préoccupés

Le bas niveau d'eau actuel résulte de l'effet combiné d'un hiver peu neigeux, d'une fonte rapide et hâtive au printemps et de très faibles précipitations depuis le début de l'été. Et elle préoccupe tous les spécialistes, souligne pour sa part Steve Garceau, du ministère québécois des Ressources naturelles et de la Faune.

Pendant que l'eau disponible se concentre dans le canal de navigation (qui est creusé), les abords herbeux se vident. Or, de dire le biologiste, plusieurs espèces vont frayer ou grandir dans ces herbes, tels le brochet ou la perchaude. C'est aussi un milieu de vie pour les petits poissons qui servent de proies aux plus gros.

Les chercheurs ne savent pas encore quelle sera la conséquence réelle de cette situation. Des prélèvements se font présentement dans les secteurs du pont Laviolette, de Gentilly, du Haut-Richelieu et de la baie Missisquoi.

Ils se demandent également quel sera l'effet combiné avec celui des années 2010, qui a aussi enregistré des bas niveaux, et 2011 qui, au contraire, a amené des inondations.

Et s'il s'agit d'une manifestation des changements climatiques, comment cela se répercutera-t-il à long terme? Là aussi, la réponse est encore inconnue.

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