La fin des «vieux» poêles à combustion lente au Québec

Les appareils désormais autorisés rejettent moins de particules... (Photothèque La Presse)

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Les appareils désormais autorisés rejettent moins de particules toxiques dans l'air que les appareils conventionnels, tout en consumant peu de bois.

Photothèque La Presse

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Après les Montréalais, ce sont tous les autres Québécois qui seront bientôt incités à abandonner, ou au moins à remplacer leur vieux poêle à combustion lente. Le gouvernement lancera en effet le 15 août un programme qui offrira jusqu'à 600 $ pour les inciter à se départir de ces appareils, qui sont une des principales causes de smog hivernal.

«Le chauffage au bois en campagne, c'est charmant. Le chauffage au bois en ville, c'est une catastrophe», a illustré le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Belisle, dont l'organisme gérera le programme. Les poêles à combustion lente, a-t-il expliqué, ont été mis au point pour minimiser la consommation de bois, mais ils brûlent leur combustible moins complètement que les poêles traditionnels et rejettent plus de «suies» dans l'air.

Il existe toutefois une nouvelle génération de poêles qui brûle bien son combustible et émet peu de «particules fines» tout en consumant peu de bois. Ce sont ces poêles - ou d'autres systèmes au gaz ou à l'électricité - qui seront subventionnés, dans la mesure où ils portent le logo de l'Association canadienne de standardisation (ACS) ou de l'Agence environnementale américaine (EPA). Le montant de l'«incitatif» variera en fonction du coût de l'appareil de remplacement et proviendra pour moitié de l'industrie (fabricant, détaillants et spécialistes des cheminées).

Environ 44 % des particules fines rejetées dans l'air au Québec proviennent des «vieux» poêles, ce qui est plus que l'industrie (39 %), et «les impacts du chauffage au bois sur la santé sont connus depuis un bon moment», a indiqué le ministre de l'Environnement Pierre Arcand, dont le ministère investira 2 millions $ dans le programme.

Les personnes qui ont des problèmes pulmonaires, comme l'asthme, sont particulièrement sensibles à ces particules fines.

D'après des données du fédéral, il y aurait environ 650 000 ménages au Québec qui se chauffent au bois, que ce soit comme source principale (le tiers) ou seulement lors des grands froids (les deux tiers). Le programme vise à n'en retirer que 5000 pendant sa première année, mais M. Arcand refuse de parler d'une «goutte d'eau dans l'océan».

«C'est un point de départ, et il y a un programme à Montréal qui s'ajoute à cela. C'est un incitatif, et notre plan d'action sur les gaz à effet de serre s'étend jusqu'en 2020», a-t-il souligné.

Le gouvernement du Québec a, en 2009, adopté le Règlement sur les appareils de chauffage au bois, qui interdit de toute façon de vendre des modèles de poêles qui n'ont pas été approuvés par l'ACS ou l'EPA. Il y a donc déjà un renouvellement «naturel» du parc de poêles québécois, mais selon Marc-Antoine Cantin, président de l'Association des professionnels du chauffage, «le programme est intéressant quand même, parce que l'incitatif peut amener des gens à ne pas attendre un autre 10 ans avant de remplacer leur poêle».

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