Protection des Grands Lacs et du Saint-Laurent: Labeaume veut alerter Harper

Brian McMullan (président), Régis Labeaume (trésorier) et David... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Brian McMullan (président), Régis Labeaume (trésorier) et David Ulrich (dg) ont tous participé à l'ouverture du congrès annuel de l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Valérie Gaudreau

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Régis Labeaume promet de sonner l'alarme auprès de Stephen Harper sur l'urgence de protéger l'eau du Saint-Laurent et des Grands Lacs.

À pareille date l'an dernier, l'Alliance des villes des grands lacs et du Saint-Laurent en congrès à Niagara Falls demandait au gouvernement fédéral d'investir 285 millions $ dans la protection de ces importants plans d'eau. Un an plus tard, rien, ou si peu, n'a bougé, déplore Régis Labeaume.

«Il faut que le gouvernement fédéral s'assoie avec l'Alliance. Je ne sens pas d'harmonie, malheureusement. Moi, aussitôt que j'ai la chance, je vais en parler à Stephen Harper», a lancé le maire en conférence de presse pour l'ouverture de l'assemblée annuelle de ce regroupement de 81 villes qui se tient à Québec jusqu'à demain.

Un groupe aux préoccupations bien concrètes, selon M. Labeaume, actuel trésorier de l'organisation canado-américaine. «Les dangers qu'on évoque sont réels, ils ne sont pas surestimés et je souhaite ardemment que le gouvernement fédéral se préoccupe de tout ça. Je ne dis pas qu'il ne le fait pas, mais on ne sent pas suffisamment d'intérêt envers l'Alliance.»

Actuellement, le gouvernement Harper donne 65 millions $, soit l'équivalent de 3,50 $ par habitant pour les 19 millions de Canadiens qui vivent près des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Chez nos voisins du Sud, cette proportion est de 15 $.

«C'était une initiative du gouvernement Obama, qui a donné dans ses trois premières années de mandat plus d'un milliard dans les agences de protection de l'environnement», a expliqué David Ulrich, directeur général de l'Alliance basée à Chicago.

Il dit comprendre que le contexte économique difficile des dernières années ait pu freiner le gouvernement canadien. «Mais l'eau est une ressource qui n'a pas de prix», estime M. Ulrich.

Carpe asiatique

Malgré tout, M. Ulrich, le maire Labeaume et l'actuel président de l'Alliance, le maire de St. Catharines, Brian McMullan, ont aussi souligné mardi de «bonnes nouvelles», notamment celle, le mois dernier, de l'investissement de 17,5 millions $ du gouvernement Harper pour lutter contre la carpe asiatique ces cinq prochaines années.

«Les espèces envahissantes sont une préoccupation constante pour nous», a indiqué M. Ulrich à propos de ce poisson qui, en mangeant les autres poissons, défait l'écosystème et menace autant la qualité de l'eau que la pêche sportive et commerciale, une industrie de 7 milliards $ dans la région représentée par l'Alliance.

Le financement, la carpe asiatique et l'aquaresponsabilité, dont le maire a donné les grandes lignes d'un audit réalisé à Québec lors du conseil municipal du 18 juin, sont les éléments principaux qui seront abordés lors de cette assemblée, qui fera aussi place à des conférenciers.

Ce midi, l'astronaute et déléguée scientifique du Québec aux États-Unis Julie Payette s'adressera aux délégués au Château Frontenac.

L'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent a aussi tenu son assemblée annuelle à Québec en 2005 alors que Jean-Paul L'Allier était le maire.

Le maire de Chicago absent

Le maire de Chicago et ancien chef de cabinet de Barack Obama, Rahm Emanuel, ne sera pas à Québec cette semaine. Même si la métropole de l'Illinois est une ville d'importance dans l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, celui qui a été élu maire en février 2011 n'a pu se libérer. «Il ne sort pas de Chicago, mais s'il devait sortir, il ne sortirait que pour l'Alliance, j'en suis convaincu», a avancé le maire Régis Labeaume mardi.

Il faut dire que Rahm Emanuel a de quoi s'occuper à la tête de sa métropole. «Il a d'énormes problèmes actuellement. Le taux de criminalité a augmenté de 50 % à Chicago, il a eu à gérer un budget en déficit de 600 millions $ et il y a menace de grève des enseignants à Chicago cet automne, a énuméré M. Labeaume. Il a d'énormes raisons de ne pas être là.»

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