Lac St-Charles: un tract incite les riverains à enfreindre un règlement

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Le règlement interdit notamment les pelouses qui se rendent jusqu'à la rive et stipule que les abords du lac Saint-Charles doivent être restaurés.

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Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Geste isolé? Début d'un mouvement? Un tract distribué autour du lac Saint-Charles enjoint aux riverains d'enfreindre sciemment le règlement qui leur impose une bande riveraine de 10 mètres.

Adopté en 2008 et entrant en vigueur cet été, ce règlement vise à protéger les eaux du lac, principale source d'eau potable de Québec, contre l'éclosion de cyanobactéries. Il interdit notamment les pelouses qui se rendent jusqu'à la rive et stipule que les abords du lac doivent être restaurés.

Fort impopulaire auprès de plusieurs résidants, qui y voient une forme d'expropriation, le règlement a été contesté devant la Cour supérieure et la Cour d'appel. Celles-ci, toutefois, ont toutes deux donné raison à la Ville de Québec.

Sur un ton un brin désespéré, le tract, daté de «juin 2012» et adressé «à tous les riverains», constate qu'«il ne nous reste plus qu'à faire tout notre possible pour mettre des bâtons dans les roues de la ville». Le texte, dont le ou les auteurs sont inconnus, recommande ensuite de tondre les terrains jusqu'à la rive, pour voir «si la ville osera nous donner des amendes»; de planter des fleurs dans la bande riveraine pour voir «si la ville osera tout détruire devant les caméras de télévision»; et de refuser de défaire les aménagements pour lesquels «nous avons payé».

«Refusons d'accueillir l'entrepreneur [que Québec envoie pour faire les travaux de restauration]: obligeons la ville à se présenter avec le service de police», conclut le tract.

Au cabinet Labeaume, l'attaché de presse Paul-Christian Nolin s'est désolé de voir le document, disant espérer «que ce soit un geste isolé». À cet égard, un autre porte-parole de la Ville, Jacques Perron, a pour sa part indiqué qu'«on a un bon taux de réponse des riverains. Il y a toujours des réfractaires [... mais] s'il y en a qui, en bout de ligne, refusent manifestement de collaborer ou qui endommagent les plantations, des avis d'infraction seront envoyés».

À l'Association des riverains du lac Saint-Charles, le président par intérim Peter Marcoux dit ne pas avoir reçu le tract, «mais on n'ira pas dans ce sens-là, c'est certain. On est toujours contre le règlement [... mais] ce n'est pas une tactique que l'association approuve».

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