Réduction de gaz à effet de serre: Ottawa loin de ses objectifs

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«Environ 75 % de l'écart entre les émissions prévues en 2020 et la cible fédérale pour les réductions des émissions ne peut être comblé que par des mesures de réduction des émissions à coût moyen ou élevé», avertit la TRNEE.

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Même si toutes les provinces atteignaient leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES), cela ne suffirait pas pour que le fédéral respecte les siens pour 2020. Et comme elles ne sont pas parties pour réussir, Ottawa peinera à remplir la moitié de ses ambitions vertes au rythme actuel.

Telles sont les conclusions d'un rapport rendu public mercredi par la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE) - organisme que le fédéral a incidemment décidé de fermer dans son dernier budget.

Après avoir délaissé le Protocole de Kyoto, plus ambitieux, le fédéral a décidé de réduire d'ici 2020 les émissions canadiennes de GES de 17 % sous leurs niveaux de 2005, ce qui ferait passer les rejets annuels de CO2 (ou de gaz équivalents) à 607 mégatonnes (Mt). Or s'il maintient son rythme courant, le Canada manquera son coup par pas moins de 117 Mt, ce qui représente moins de la moitié du chemin, puisque la Table ronde estime que les mesures déjà prises ou prévues auront permis de sauver 104 Mt par année à l'horizon 2020.

Et encore, cette moitié de chemin aura surtout été accomplie grâce aux efforts des provinces, leurs mesures comptant «pour près des trois quarts des réductions des émissions estimatives d'ici 2020, le quart seulement découlant des mesures fédérales existantes», note le document.

Pire, y lit-on, les économies de GES «faciles et peu coûteuses» ont presque toutes été faites, et les progrès qu'il reste à faire seront plutôt chers. «Environ 75 % de l'écart entre les émissions prévues en 2020 et la cible fédérale pour les réductions des émissions ne peut être comblé que par des mesures de réduction des émissions à coût moyen ou élevé», avertit la TRNEE.

Au début mai, le commissaire fédéral à l'environnement Scott Vaughan avait lui aussi prédit, dans son rapport annuel, que le Canada raterait ses cibles de réduction des GES.

Écarts entre provinces

Parmi les points sur lesquels la TRNEE insiste le plus figure le fait que de très grandes différences existent entre les politiques mises en oeuvre par les provinces. Si plusieurs provinces sont en effet plus ambitieuses qu'Ottawa - le Québec et l'Ontario visent des réductions respectives de 20 et 15% par rapport à 1990 -, l'Alberta l'est beaucoup, beaucoup moins. La patrie des sables bitumineux vise simplement pour 2020 à ne pas augmenter ses émissions de plus de 18% par rapport à 2005. L'Alberta, rappelons-le, est la principale émettrice de GES au Canada avec des rejets de 234 Mt d'équivalent CO2 en 2009, loin devant l'Ontario (165 Mt) et le Québec (82 Mt).

Seules la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse sont en voie de respecter les seuils d'émissions qu'elles se sont fixés - mais il faut dire ici qu'elles n'ont pas les objectifs les plus contraignants.

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