Groupe Vertdure : l'ère du gazon parfait est révolue

Jean Tremblay, fondateur du Groupe Vertdure, entreprise de... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Jean Tremblay, fondateur du Groupe Vertdure, entreprise de traitement de pelouses, a toujours résisté aux offres de quitter Québec  pour déménager à Montréal, où il se brasse plus d'affaires.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) Du camion usagé et du seul employé pour traiter les pelouses logés à la même enseigne qu'une entreprise de nettoyage de tapis en 1987, la flotte du Groupe Vert­dure a fait des milliers de kilomètres en 25 ans.

Rare, sinon seule entreprise capable d'affirmer couvrir pratiquement tout le Québec dans son domaine, l'entreprise fondée par Jean Tremblay compte 25 franchises au Québec, une autre

à Ottawa, environ 200 camions et plus de 600 employés (www.vertdure.com).

En entrevue au siège social de l'entreprise, 1re Avenue à Québec, Jean Tremblay explique qu'il a toujours résisté aux offres de déménager à Montréal, où il se brasse plus d'affaires, surtout que 50 % du chiffre d'affaires du groupe se fait dans la région montréalaise et 50 % dans le reste de la province.

Et depuis l'adoption du code de gestion des pesticides sur les terrains résidentiels, en 2003, le monde de l'entretien des pelouses a changé. La certification est plus difficile à obtenir et les employés doivent posséder une solide formation.

L'ère du gazon parfait semble donc révolue. On parle davantage d'un gazon acceptable. «À une certaine époque, les clients nous téléphonaient s'il y avait un ou deux pissenlits sur leur terrain, raconte M. Tremblay. Aujourd'hui, les gens sont plus tolérants et moins exigeants que dans les années 90.»

Souci pour l'environnement

Toutefois, le Groupe Vertdure n'a pas attendu la loi pour adapter sa pratique, se souvient M. Tremblay. En 1998-1999, il commençait à remplacer les engrais chimiques par des engrais naturels tout en limitant l'usage des pesticides. Aujourd'hui, la compagnie formule ses propres engrais, auxquels on ajoute différents oligoéléments pour une meilleure fertilisation.

Depuis des années, l'entreprise s'intéresse à de nouvelles pratiques. Avec la création du Fonds de recherche en écologie urbaine, mis sur pied par Vertdure, qui a investi plusieurs centaines de milliers de dollars, des chercheurs universitaires ont mis au point des produits pour traiter les mauvaises herbes et des traitements contre les insectes nuisibles.

Une recherche est actuellement en cours avec l'Université Laval sur les bienfaits du gazon dans l'environnement. «On ne peut pas se fier seulement à notre intuition pour les traitements, continue-t-il. Il faut comprendre les processus et avoir des bases solides avec des recherches sérieuses pour continuer de progresser.»

Et des pièges ont été disposés un peu partout pour voir la propagation de certains insectes nuisibles comme le hanneton européen, qui fait des ravages dans la région de Montréal et qui commence à faire son apparition dans la région de Trois-Rivières.

«Nous venons d'investir dans une usine à Rimouski, ajoute-t-il, où nous expérimentons un procédé pour transformer le compost en granules pour l'utiliser comme tout autre engrais granulaire. Avec l'eau, le granule compact reprend du volume. Même si nous sommes encore à l'évaluation du processus, cela nous paraît très prometteur.»

Si plusieurs entreprises d'entretien des pelouses existaient avant 2000, elles sont moins nombreuses aujourd'hui. Et cela se fait sentir au sein de l'Association des services en horticulture ornementale du Québec (ASHOQ), qui a déjà compté plus de 2000 membres, alors qu'ils sont une centaine actuellement.

«On peut dire que le marché a vécu une forme de stagnation, précise-t-il, mais notre entreprise connaît malgré tout une croissance annuelle entre 8 et 10 %.» Avec un chiffre d'affaires annuel de 33 millions$, le président du groupe voit l'avenir d'un bon oeil. Certaines franchises sont même exploitées par les enfants des premiers franchisés.

Avec la franchise à Ottawa connue sous le nom de Forever Green Canada (membre du Groupe Vertdure), M. Tremblay songe à pousser l'entreprise un peu plus à l'ouest, vers Toronto d'abord, puis un peu plus loin encore «d'ici les 25 prochaines années», avoue-t-il en souriant.

Sans compter que l'entreprise s'implique dans la communauté, notamment avec l'achat du club de baseball Les Capitales, acquis le 26 octobre 2010, et la participation de Jean Tremblay dans diverses causes et fondations.

Dans la région immédiate de Québec, il y a trois franchises du Groupe Vertdure, en plus de celles de Sainte-Marie, de Thetford Mines et de la toute dernière à avoir été mise sur pied, à Rimouski.

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