Québec installera des pièges pour détecter l'agrile du frêne

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(Québec) Ce n'est pas souvent que l'on installe des pièges dans l'espoir de ne rien attraper, mais c'est ce que la Ville de Québec a fait lundi, en posant des pièges à agrile du frêne. Le terrible ravageur n'est pas le bienvenu ici, mais s'il finit par s'inviter, ce qui arrivera tôt ou tard, la Ville préfère le savoir aussi rapidement que possible.

«Jusqu'à maintenant, aucune ville où l'insecte a été détecté n'a été capable de l'empêcher de se propager. [...] À Québec, ça nous préoccupe parce que nous avons 13 000 frênes dans notre inventaire, à la Ville, et encore, cela ne compte pas beaucoup de frênes qui sont situés sur des propriétés privées», a indiqué le conseiller municipal Steeve Verret, responsable de l'environnement au comité exécutif de Québec.

En détectant l'éventuel envahisseur tôt grâce au réseau de 40 pièges qu'elle a commencé à déployer lundi, la Ville espère pouvoir freiner, à défaut d'endiguer, sa progression.

«Il n'y a pas de traitement à l'heure actuelle pour protéger les arbres de manière permanente, mais la recherche avance beaucoup. L'idée serait d'abattre les arbres malades ou de les traiter avec un insecticide pour ralentir l'agrile, et pendant ce temps-là, on peut espérer que la recherche continue», a expliqué Marie-Josée Coupal, du service de l'environnement de Québec.

Originaire d'Asie, l'agrile du frêne (Agrilus planipennis) est vraisemblablement arrivé en Amérique du Nord dans les années 90. Si les frênes d'Asie ont eu des millions d'années d'évolution pour apprendre à combattre cet agrile, les «nôtres» n'ont pas eu cette chance et sont sans défense quand les larves de l'insecte dévorent leur phloème, soit la partie vitale de l'écorce par laquelle transite la sève. Selon des estimés américains, pas moins de 30 millions de frênes en sont morts dans le seul État du Michigan, et le bilan continental est beaucoup plus élevé.

Au Canada, A. planipennis a été observé pour la première fois en 2002, dans l'extrême sud de l'Ontario. Dans l'espoir de contenir l'invasion, tous les frênes avaient alors été abattus dans une bande de 10 km de large qui s'étirait du lac Saint Clair au lac Érié (environ 20 km plus au sud). Mais le transport de bois de chauffage infesté a probablement permis à l'insecte, qui se répand lentement, de «sauter» cette zone tampon, puisqu'il a été aperçu par la suite à Toronto, à Ottawa, puis à Montréal l'an dernier.

La Ville de Québec a commencé à poser ses pièges, lundi, à tous les deux kilomètres, surtout autour de Limoilou, où les frênes représentent 22 % de tous les arbres, contre 12 % dans l'ensemble de la ville. Les engins seront relevés à la mi-juillet.

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