Le sommet des nuages a baissé de 40 mètres depuis 2000

Se pourrait-il que les Gaulois de Goscinny aient eu raison de craindre  que le... (Photo: AP)

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(Québec) Se pourrait-il que les Gaulois de Goscinny aient eu raison de craindre que le ciel leur tombe sur la tête? D'après des données glanées par un satellite américain, en tout cas, le sommet des nuages a perdu entre 30 et 40 mètres d'altitude en moyenne au cours des années 2000.

Grâce à l'instrument MISR (Multiangle Imaging Spectro-Radiometer) du satellite Terra, lancé en 1999 par la NASA, deux physiciens ont pu calculer l'altitude moyenne du sommet des nuages à partir de la lumière solaire qu'ils réfléchissent. De 2000 à 2010, ce sommet s'est abaissé de 30 à 40 mètres, selon l'«outil» statistique que l'on utilise pour mesurer la tendance. Les résultats ont été publiés cette semaine dans la revue savante Geophysical Research Letters.

Les auteurs, Roger Davies et Matthew Molloy, de l'Université d'Auckland en Nouvelle-Zélande, préviennent toutefois que leur série de données est fort courte et que, si le phénomène est bien réel, ils en ignorent la cause.

Ils précisent tout de même que la majeure partie de la baisse qu'ils ont mesurée s'explique par le fait que les nuages en très haute altitude se sont raréfiés pendant la dernière décennie, ce qui pourrait être le signe d'un changement dans la circulation atmosphérique à grande échelle - les soulèvements se déplaçant peut-être vers des endroits où ils montent moins haut.

Bonne nouvelle

Si le phénomène se confirme, il s'agira d'une assez bonne nouvelle pour le climat, puisque des nuages plus bas seraient en principe un brin plus chauds (la température diminuant à mesure que l'altitude augmente) et rayonneraient davantage d'infrarouges dans l'espace. Le petit surplus d'énergie que la Terre y perdrait pourrait en principe amoindrir les effets du réchauffement planétaire.

Professeur au département des sciences de la Terre et de l'atmosphère à l'UQAM, Éric Girard a qualifié l'étude d'intéressante, mais il ajoute que «une période de 10 ans, c'est limite. Il y a des cycles dans l'atmosphère qui durent 10 ans, c'est pour ça qu'il faut idéalement étudier des périodes d'au moins 30 ans».

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