État d'urgence aux Îles-de-la-Madeleine: «C'est comme si on avait été torpillés»

Les fils électriques et un poteau sont tombés... (Photo founie par Diane Hébert)

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Les fils électriques et un poteau sont tombés sur le toit du Pub Chez Brophy, à Havre-Aubert.

Photo founie par Diane Hébert

 

Johanne Fournier
Le Soleil

(Îles-de-la-Madeleine) Quand Diane Hébert et sa famille se sont réveillées, dimanche, le décor qui s'offrait à leur fenêtre avait des airs d'apocalypse. Les Îles-de-la-Madeleine portaient les stigmates de la tempête de verglas et des grands vents qui avaient soufflé pendant la nuit.

«C'est comme si on avait été torpillés», raconte la résidante de Cap-aux-Meules, encore catastrophée. «C'était un vrai champ de bataille. Avec tous ces dégâts et ces poteaux cassés, c'est vraiment une chance qu'il n'y ait pas eu de blessés.»

Le sinistre, qui est survenu dans la nuit de samedi à dimanche, a ravivé de bien mauvais souvenirs à la Madelinienne. En janvier 1998, elle avait été éprouvée par la tempête de verglas qui s'était abattue sur Montréal, où elle résidait à l'époque. «Mais la différence, ici aux Îles, c'est que les gens s'entraident, tient-elle à préciser. On a de l'aide rapidement.»

D'ailleurs, comme elle n'est pas affectée par la panne d'électricité qui frappe près de la moitié des 7000 résidences des Îles, elle n'hésiterait pas à offrir un toit à ceux qui viendraient cogner à sa porte. «On est une famille d'accueil pour trois enfants, spécifie-t-elle. Donc, on est toujours prêts à aider.»

Solidarité insulaire

La solidarité des insulaires expliquerait, selon le maire suppléant, la très faible fréquentation des deux centres d'hébergement mis en place à l'intention des sinistrés. Lui-même, dont la résidence est privée d'électricité, a dû partir avec sa conjointe et sa fillette de quatre ans pour qu'ils soient hébergés par son père, qui possède une génératrice.

«J'essaie au moins de trouver une petite génératrice qui empêcherait que les tuyaux ne fendent», laisse tomber Jonathan Lapierre.

Selon lui, personne n'est en détresse. «Je ne sens pas que le moral est à plat, observe-t-il. Au contraire, les gens se retroussent les manches et veulent aider à reconstruire. Les Madelinots, dans leur culture acadienne, gardent la tête haute. Ils sont débrouillards.»

Denis Chiasson, résidant de Havre-aux-Maisons, l'un des secteurs les plus durement frappés, est encore abasourdi à la vue de la centaine de poteaux couchés au sol, non loin de chez lui. «J'ai déjà vu des grosses tempêtes, souligne le Madelinot de 51 ans. Mais, de toute ma vie, je n'ai jamais vu un verglas comme ça!»

L'homme et sa conjointe n'ont pas d'électricité et doivent réduire leur consommation d'eau. Mais comme ils disposent d'un poêle à bois, ils hébergent trois à quatre personnes qui n'ont pas de chauffage d'appoint.

«Le poêle à bois nous permet de se réchauffer et de pouvoir faire à manger, raconte M. Chiasson. J'ai aussi un petit poêle au propane pour dépanner.»

Selon lui, c'est normal d'aider les autres. «L'entraide est là, souligne-t-il. Tout le monde se connaît. Si mon voisin cogne à ma porte pour avoir un peu de lait et de bois, je vais l'aider du mieux que je peux parce qu'on ne sait pas si ce ne sera pas moi qui aurai besoin de lui un jour.»

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