Gaz de schiste: sale, trop cher et inutile...

Jeudi, à Québec, une quarantaine de membres des... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Jeudi, à Québec, une quarantaine de membres des comités de vigilance sur les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent ont débarqué devant les bureaux de Talisman Energy.

Le Soleil, Caroline Grégoire

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les militants contre l'exploitation du gaz de schiste sont con­vaincus que l'industrie cache à qui sera vendue une énergie qu'ils jugent sale. Ils feront pression sur Québec pour établir que la province n'en a aucun besoin, affirment-ils.

Jeudi, à Québec, une quarantaine de membres des comités de vigilance sur les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent ont débarqué devant les bureaux de la firme albertaine Talisman Energy.

Les représentants des groupes de citoyens ont déposé à la compagnie des pétitions provenant de quatre municipalités. Selon eux, le nombre de personnes qui les endossent démontre que l'exploitation de ce type d'hydrocarbure est inacceptable pour la population.

Au sortir de la rencontre avec un représentant de la compagnie gazière, le porte-parole Serge Fortin s'est réjoui que Talisman Energy ait signifié «qu'ils ne feront pas de travaux [d'exploration et d'exploitation] tant qu'ils n'auront pas l'autorisation des citoyens. «Ils sont quand même raisonnables dans leur démarche», a rapporté M. Fortin, qui a présenté la visite à Talisman comme une «première mission accomplie».

La prochai­ne consistera à «con­vaincre notre gouvernement de voir à ce que la position citoyenne soit respectée». Pour lui, ce qu'il faut changer, c'est la composition et le mandat du groupe d'experts chargé de con­duire l'Évaluation environnementale stratégique (EES), une opération qui doit durer de 24 à 30 mois. Selon lui, la place réservée aux citoyens est «inéquitable».

Surtout, «qu'est-ce qui presse tant pour exploiter les gaz de schis­te?» Selon Serge Fortin, des universitaires américains, rencontrés lors d'une tournée en Pennsylvanie, qui vit un boum gazier, ont révélé que le prix du marché pour hydrocarbure est, en ce moment, près de deux fois moins élevé que pour l'extraire.

L'explication, s'est-il fait dire, «c'est que tout est pour l'exportation. Le prix y est meilleur. Ça ne servira probablement même pas aux Québécois. Nous voulons que l'EES se penche sur la pertinence de développer cette énergie versus d'autres» formes «plus intéressantes en matière de développement durable». En entrevue, Vincent Perron, conseiller aux «relations avec les intervenants» pour la firme, s'est abstenu de préciser si les acheteurs seront à l'étranger. Talisman et les autres éventuels producteurs vendent à Gaz Métro et c'est celle-ci qui peut répondre, a-t-il mentionné au Soleil.

«Méconnaissance»

La veille, lors d'une comparution pour le dézonage temporaire de parcelles agricoles, M. Perron avait estimé que la pétition qui lui avait été remise ne démontrait pas que le sujet est inacceptable socialement. Celles qu'il a eues, jeudi, changent son interprétation.

«Les gens ont une méconnaissance de l'industrie, de la technologie utilisée. Et avec tout ce qu'on entend, ils sont craintifs», a-t-il repris, en ajoutant que Talisman mise sur la transparence et l'information.

Vincent Perron a réitéré que l'industrie gazière n'a effectué aucun travail d'exploration depuis l'été. «Et nous n'avons pas suffisamment de données pour savoir si la ressource est rentable. Avant de parler exportation, il ne se passera pas grand-chose au cours des deux prochaines années.»

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