Le centre de compostage traite annuellement 6619 tonnes de résidus verts et de déchets de table qui sont compostables, ce qui exclut les carcasses animales. Pas d'usine de biométhanisation. Le restant de la pomme de terre est envoyé directement au centre de compostage.
Ces «plates-formes» de compostage à ciel ouvert se trouvent dans une petite municipalité de quelque 800 âmes, Saint-Rosaire, à plus de 10 kilomètres de Victoriaville. Bien qu'elles soient à environ un kilomètre des résidences les plus proches, le maire soutient que la senteur est «très bien contrôlée».
«Ça va faire bientôt deux ans que je suis maire de la ville. Il y a zéro plainte qui ont été générées à notre centre de plaintes et requêtes par rapport à notre site d'enfouissement ou nos plates-formes de compostage», se targue le maire Rayes, qui souligne que la direction du vent est souvent favorable à la quiétude olfactive de ses citoyens.
L'intérêt économique est aussi un incitatif important, puisque «c'est l'enfouissement qui coûte le plus cher», explique le maire. Le centre de compostage appartient à Gesterra, une compagnie publique-privée détenue à 51 % par les municipalités de la MRC et à 49 % par la compagnie privée Gaudreau Environnement, qui exploite l'endroit.
À Victoriaville, 75 % de ce que les gens génèrent comme matière compostable est valorisé, soit 159,9 kg de matière par habitant. Pour la récupération, c'est 70 %. Leurs poubelles sont à ce point vides que le maire jongle avec l'idée de diminuer la fréquence de la collecte des déchets, présentement récoltés toutes les deux semaines. Seule la question des couches freine l'élan.
Au lieu des 400 kg de déchets générés annuellement par chaque Québécois, «chez nous, c'est 210 kg qui va dans le bac noir». La Ville se sera aussi équipée cette année d'un camion «laveur de bacs».
Biométhanisation?
Le maire évalue sans grand intérêt la possibilité d'ajouter une usine de biométhanisation aux installations déjà en place. «L'investissement est énorme et il n'y a pas de machineries qui nous ont permis de faire la démonstration que c'était viable...»
Un centre de biométhanisation, «c'est des coûts énormes et une des choses que nous, on a maintenues, c'est la croyance que les plates-formes de compostage, malgré ceux qui l'ont dénigré, que c'était efficace, que ça fonctionnait». En regard des avantages que la ville pourrait retirer d'une usine du genre, «on est très prudents avant de se lancer dans ce projet-là».