Projet unique de traitement des eaux usées dans Charlevoix

Les sept frères Labbé, en compagnie de leur... (Collaboration spéciale Pierre Rochette)

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Les sept frères Labbé, en compagnie de leur mère Isabelle, devant l'usine de traitement des eaux usées de la Laiterie Charlevoix

Collaboration spéciale Pierre Rochette

Sylvain Desmeules, collaboration spéciale
Le Soleil

(Baie-Saint-Paul) Traiter les eaux usées par méthanisation et les retourner dans la rivière après phytoépuration (avec les plantes!) dans un même procédé. Voilà une première québécoise réalisée par la Laiterie Charlevoix, à Baie-Saint-Paul, un projet de 3 millions $ qui correspond à la définition de développement durable.

Ce projet innovateur intègre deux technologies : la production de gaz méthane à partir des charges organiques et le traitement par «écomachine» des eaux usées de la fromagerie. Cette approche constitue une première québécoise en matière de traitement des eaux usées.

«On est fier du résultat final et de la qualité du bâtiment. Les gens viennent voir des fromages et on leur montre nos égouts. Et ils trouvent ça beau. C'est un projet complexe techniquement. Nous sommes fiers de l'avoir mené à terme, de le démarrer et d'atteindre des résultats sans trop de pépins», de dire Bruno Labbé, en rappelant que l'entreprise est aussi agrotouristique.

Chaque jour, près de 25 000 litres d'eaux usées, incluant le lactosérum (petit lait), transitent par l'usine. De ce traitement, la production de méthane couvre 90 % des besoins en énergie de la laiterie et de la maison d'affinage, pour une économie annuelle de 65 000 litres de mazout.

Et cette eau, qui dort dans d'énormes bacs remplis de plantes, est purifiée au point que des poissons peuvent y vivre sans danger.

Pour l'Agence de l'efficacité énergétique du Canada, qui a donné une subvention de 750 000 $, il s'agit là d'un projet modèle. «Le virage vert, c'est un modèle comme celui de la Laiterie Charlevoix. C'est l'un des plus beaux projets que l'Agence a appuyé. Au Canada, il n'y a pas de projets semblables», de dire sa présidente, Luce Asselin.

Le maire Jean Fortin abondait dans le même sens, parlant d'un «exemple de ce que signifie développement durable en région».

À ce projet s'ajoute un nouvel atelier de fabrication, construit au coût de 500 000 $. La production y a débuté en mars et permettra à l'entreprise de répondre à la demande croissante pour ses fromages Hercule et 1608 dans le respect des normes de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

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