De passage en Gaspésie pour souligner le 20e anniversaire de la firme Pesca Environnement, M. Guilbeault note que plusieurs modalités du Plan Nord ne tombent pas dans les champs d'intervention d'Équiterre. Toutefois, la production d'énergie est au centre des préoccupations du groupe.
«C'est l'aspect qu'on va suivre de plus près. Il faut d'abord se poser la question : est-ce qu'on a besoin de cette énergie? Nous ne sommes pas opposés à la production pour l'exportation, mais le Québec a de gros surplus d'électricité. L'énergie produite dans le Nord coûte plus cher», dit-il.
Ainsi, Équiterre ne s'oppose pas à la construction d'autres barrages, compte tenu que l'hydroélectricité est plus propre que l'énergie produite chez nos voisins néo-brunswickois et ontariens, dépendants du charbon et du nucléaire, note M. Guilbeault.
«On doit faire l'effort intellectuel de se dire : est-ce qu'on peut faire mieux que l'hydroélectricité?» dit-il, énumérant les autres formes innovatrices d'énergie renouvelable, comme l'éolien, le solaire et la géothermie. «Le Québec a un retard dans ces formes d'énergie», dit-il.
Steven Guilbeault a la conviction que l'État peut faire beaucoup mieux dans le Plan Nord que les 300 mégawatts d'énergie éolienne, «ce qui ressemble au total de 10 % du Québec en 2015».
Il souhaite que les 50 % de territoire protégé inclus dans le Plan Nord touche d'abord les zones écologiques les plus sensibles, et non ce qui restera une fois les ressources exploitées. Il veut aussi un cadre réglementaire environnemental précédant la stratégie, plutôt que des évaluations à la pièce.