Protection du lac St-Charles: des citoyens paieront cher

Louisa Mauro et Réjean Pruneau s'étaient présentés au... (Photothèque Le Soleil)

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Louisa Mauro et Réjean Pruneau s'étaient présentés au conseil municipal en 2009 pour débattre du paiement de la facture de 58 000 $ alors exigé par la Ville, un montant qui ne comprenait pas les frais de raccordement à l'égout.

Photothèque Le Soleil

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) La décision de la Ville de Québec de protéger sa principale source d'eau coûte cher à une poignée de résidants vivant près du lac Saint-Charles. Forcés de se connecter au réseau d'égouts de la Ville, une cinquantaine de propriétaires devront débourser de 14 000 $ à 240 000 $.

Le comité exécutif a adopté mercredi un règlement d'emprunt dans lequel elle s'engage à payer 2,1 millions $ pour raccorder une cinquantaine de résidences coincées entre le golf de Charlesbourg et le lac Saint-Charles. Mais voilà, les propriétaires du chemin de la Grande-Ligne devront aussi contribuer pour 1,4 million $.

Québec justifie ces travaux imposés aux résidants par leurs rejets de contaminants dans le lac Saint-Charles, duquel s'abreuve la moitié de la population de Québec.

«Ils sont dans le bassin-versant de la prise d'eau. On a dit qu'on voulait être exemplaires pour les rejets», explique François Picard, responsable de l'aménagement du territoire de l'administration Labeaume.

En juin 2009, Le Soleil rapportait l'histoire de l'un de ces citoyens, Réjean Pruneau, qui craignait de voir son rêve de retraite transformé en cauchemar. Voilà que ses craintes se concrétisent alors que l'homme s'apprête à recevoir une facture de 65 000 $ pour payer l'aménagement de l'égout dans sa rue et le raccordement de sa maison... évaluée à 210 000 $.

La Ville a beau lui donner 20 ans pour payer la note, la surtaxe imposée à sa résidence s'élèvera tout de même à 5700 $ par année durant toute cette période. «Je trouve ça exagéré. La Ville sort 200 millions $ pour bâtir un colisée, mais elle n'est pas capable de faire les égouts devant chez moi», s'indigne le retraité.

Ce dernier, qui vient de vendre sa résidence, a dû baisser de beaucoup son prix pour convaincre un acheteur. «On n'a pas pu vendre ce qu'elle valait», déplore-t-il.

La facture élevée de M. Pruneau s'explique par la grandeur de sa propriété, la contribution des propriétaires étant déterminée en fonction de la longueur de leur terrain sur la rue. D'ailleurs, la plupart des propriétaires du secteur s'en tirent relativement à bon compte, puisqu'il s'agit de jumelés avec de petites façades. Ceux-ci héritent de facture de 14 000 $ chacun alors que leurs résidences valent en moyenne 150 000 $.

Reste qu'une vingtaine de propriétaires de maisons auront plutôt une facture oscillant entre 25 000 $ et 65 000 $. Cinq d'entre eux situés dans une rue perpendiculaire, Belleville, pourraient en être exemptés. La Ville étudiera au printemps la possibilité de les laisser se doter d'un champ d'épuration plutôt que les connecter aux égouts, une opération moins coûteuse.

Terrains vacants

Deux propriétaires de terrains vacants auront quant à eux droit à des factures nettement plus élevées. L'un d'eux recevra une facture de 237 000 $. Et ce, alors que la Ville évalue à 144 000 $ la valeur de son lot. Son voisin aura droit à une note de 118 000 $ alors que son terrain est évalué à 70 000 $.

François Picard estime que ces deux propriétaires ne perdront pas au change pour autant. «En passant, le réseau d'égouts, les gens vont pouvoir les subdiviser, et les terrains pourront être constructibles. Le propriétaire va pouvoir récupérer cette somme assez facilement», avance-t-il.

Quant aux critiques des autres propriétaires, François Picard estime que la Ville fait déjà beaucoup pour eux. Habituellement, Québec finance 25 % du coût des égouts dans de tels projets. Cette fois, c'est près 60 %. La Ville avait déjà demandé aux propriétaires de se connecter - à leurs frais - à un autre type de collecteur, mais l'expérience s'est avérée un échec.

Après enquête, Québec a en effet détecté que le système rejetait trop de coliformes fécaux dans le lac Saint-Charles.

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