Gaz de schiste : «Ça nous prend des revenus additionnels au Québec» - Lucien Bouchard

L'ex-premier ministre estime que l'industrie du gaz de... (Photo comité de vigilance sur les gaz de schiste)

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L'ex-premier ministre estime que l'industrie du gaz de schiste devra montrer patte blanche si elle veut s'implanter au Québec.

Photo comité de vigilance sur les gaz de schiste

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

En tournée médiatique depuis 24 heures, le nouveau président de l'Association pétrolière et gazière du Québec, Lucien Bouchard, explique aux Québécois que l'industrie des gaz de schiste devra montrer patte blanche si elle veut s'implanter dans la vallée du Saint-Laurent - et qu'il y veillera personnellement.

Il répète qu'il prépare ses clients, le géant Talisman et les autres, à se soumettre, à terme, à un nouveau régime de redevances, ainsi qu'à des exigences environnementales et techniques élevées.

Mais que dira l'ancien premier ministre pour convaincre davantage de Québécois de faire une place à ce secteur au Québec? Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, il martèlera un message davantage politique.

Ce sera celui-ci : «Ça nous prend des revenus additionnels au Québec. On n'a pas suffisamment de richesses. On vit au-dessus de nos moyens. On sous-finance nos universités, on sous-finance l'éducation, on sous-finance les services sociaux, on sous-finance le paiement des procureurs de la Couronne. Nos médecins sont payés moins bien que les autres, nos infirmières aussi.»

Ce message, c'est celui qu'il a livré au Soleil, hier. «La meilleure façon de mieux financer les services que l'on s'offre au Québec est de développer nos ressources naturelles.»

M. Bouchard pense aussi aux hydrocarbures du gisement Old Harry, au large des Îles-de-la-Madeleine, que se disputent Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.

Il soutient que le Québec n'a pas les moyens de faire la fine bouche : «Si on veut maintenir notre filet social, il faudra s'en donner les moyens économiques.»

Après sa tournée médiatique, Lucien Bouchard, 72 ans, ira parcourir les villes et les campagnes pour rencontrer des maires, des agriculteurs et aussi des environnementalistes; des groupes environnementaux qui affirment que l'ancien premier ministre cherche actuellement à hypnotiser les Québécois.

Débat plus sain

M. Bouchard croit, ou espère, que le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) permettra de reprendre le débat sur des bases plus saines. Il doit être rendu public incessamment.

Il se dit convaincu que les experts du BAPE auront déterminé des critères permettant d'exploiter les gaz de schiste «de façon responsable et correcte».

À l'industrie, ensuite, de s'y conformer de façon exemplaire, dit-il. «Quand vous négociez pour une des parties, vous savez que son intérêt est de réussir le projet qu'elle veut réaliser. Et pour le réaliser, il faut tenir compte des intérêts des autres.» De ceux des citoyens, mais aussi de ceux de l'État québécois.

Si l'industrie des gaz de schiste «peut, de façon rentable, exploiter une ressource ailleurs en payant X niveau de redevances, il n'y a pas de raison qu'elle ne paie pas le même ici», qu'elle paie moins au Québec. Mais attention : «Si on lui demande de payer X plus Y, et que ce n'est plus rentable, là, ça n'a pas de bon sens.»

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