Lignes à haute tension: souterraines ou aériennes, même «danger»

Les lignes souterraines ne feront que déplacer celles,... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Les lignes souterraines ne feront que déplacer celles, en surface, qui longent actuellement la 41e Rue.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

(Québec) Les lignes à haute tension n'ont aucun effet prouvé sur la santé, bien qu'il subsiste des doutes au sujet d'un lien possible, mais dans tous les cas très faible, avec la leucémie chez les enfants. Et ce, que les lignes soient enfouies, comme celles que veut faire passer Hydro-Québec dans Limoilou, ou aériennes... comme celles qui passent déjà dans le quartier.

Le projet de la société d'État, présenté aux résidants le 20 janvier, s'est frayé un chemin jusqu'au conseil municipal, lundi, quand une citoyenne est venue y présenter ses inquiétudes. Le tracé, dit-elle, amènera deux lignes de 230 kilovolts très proches des maisons, ce qui lui fait craindre pour la santé des habitants du quartier. Dans certaines maisons, selon elle, la force des champs électromagnétiques émanant de ces lignes pourrait être «cancérigène».

Comme le montre notre carte, les fils seront effectivement enterrés dans des rues relativement étroi­tes, au coeur d'un quartier résidentiel. Mais cela ne fera que déplacer une ligne à haute tension déjà existante, qui longe la 41e Rue.

En outre, selon Denis Gauvin, conseiller scientifique à l'Institut national de santé publique, «pour la plupart des effets sur la santé, les études sont non concluantes [donc pas d'effet]. Le seul hic, c'est la leucémie chez les enfants».

Certaines études, mais pas toutes, dit-il, ont trouvé une légère association statistique entre cette maladie et le fait de vivre à proximité d'une ligne à haute tension. Et quand on rassemble toutes ces enquêtes pour faire un plus gros échantillon, le lien demeure.

Mais les résultats demeurent faibles et assez flous. Par exemple, dans une étude portant sur 29 000 enfants parue en 2005 dans le British Medical Journal, les auteurs ont décelé une corrélation ténue qui pourrait - les auteurs en parlent au conditionnel - expliquer 1 % des cas de leucémie chez les enfants de l'Angleterre et du Pays de Galles. Mais dans cette étude, l'effet n'était statistiquement significatif qu'entre 100 et 600 mètres de distance, et il semble curieusement plus faible entre 0 et 50 m.

De plus, dit Denis Gauvin, on n'a trouvé aucun mécanisme biologique par lequel ces champs électromagnétiques engendreraient la leucémie.

Selon Jean-Marc Darveau, d'Hydro-Québec, l'intensité du champ magnétique à 10 mètres des lignes s'élèvera à 0,2 microtesla (µT). Par comparaison, le champ magnétique naturel de la Terre se situe entre 25 et 70 µT, d'après le US Geological Survey, mais il faut tout de même noter que le lien possible avec la leucémie a été observé à partir de 0,4 µT.

M. Darveau explique par ailleurs que le tracé des fils enfouis doit toujours être doublé parce que les problèmes sont beaucoup plus difficiles à localiser sous terre que sur un réseau aérien. Pour éviter de trop longues pannes, on fait donc passer les circuits par deux chemins différents afin qu'un éventuel accident n'affecte pas les deux en même temps.

Les travaux doivent débuter au printemps et se terminer à l'automne.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer