«Si je pensais que les problèmes de l'industrie des gaz de schiste au Québec étaient d'ordre communicationnel, je serais probablement très préoccupé par l'arrivée de Lucien Bouchard, mais je crois que les problèmes sont beaucoup plus fondamentaux que ça [notamment la modernisation de la Loi sur les mines]», a avancé le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault.
Pour le président de l'Association de lutte contre la pollution atmosphérique du Québec, André Belisle, «ça montre que l'industrie est en plein désarroi. Ils en sont à leur troisième porte-parole en 10 mois, après André Caillé et [son remplaçant temporaire, le directeur général de l'Association pétrolière et gazière] Stéphane Gosselin. Mais peu importe le messager, cela ne changera rien aux faits».
Il faut toutefois noter ici, en toute justice, que le passé d'André Caillé à la tête de Gaz Métro lui avait été plusieurs fois reproché lors de la tournée des régions gazière qu'il a effectuée, l'automne dernier.
Commission élargie
De son côté, s'il ne croit pas, lui non plus, que «le problème de l'industrie des gaz de schiste se trouvait du côté du messager», le président de Nature Québec, Christian Simard, a imaginé que «si j'étais M. Bouchard, il me semble que j'irais voir mes nouveaux clients et que je leur dirais : admettez qu'il faut maintenant accepter une suspension volontaire de vos activités, participer à une commission élargie, et c'est la seule façon que votre industrie peut survivre au Québec, selon moi».
M. Simard, lui-même un ancien député bloquiste, croit par ailleurs que l'ex-premier ministre a usé une partie de son capital de sympathie, jadis immense, en jouant au «Père Fouettard» ces dernières années - notamment son appui au manifeste Pour un Québec lucide, en 2005, et ses déclarations sur le manque de productivité des Québécois, l'année suivante.
«Il n'a plus autant l'image d'un rassembleur qu'il a déjà eue», estime M. Simard.