L'enrochement, de même que l'érection de murs verticaux ou de brise-lames font partie de ce que l'on appelle "les solutions dures". Or, les spécialistes recommandent plutôt des types d'interventions douces, dont les coûts sont souvent moindres et qui sont plus efficaces sur une longue période», explique Étienne Bachand de Zone d'Intervention Prioritaire (ZIP) du sud de l'Estuaire.
La mission de cet organisme consiste à promouvoir la protection, la conservation et la réhabilitation des milieux perturbés, de même que l'accessibilité au fleuve dans une perspective de développement durable. Selon M. Bachand, l'enrochement a souvent pour effet d'abaisser la plage et mène parfois même à sa disparition. «L'eau s'infiltre et finit par gruger l'aménagement rocheux par en dessous», dit-il.
Même constat pour les murets de protection. «Non seulement l'eau gruge aussi la base de la structure, mais amène un déséquilibre du transport des sédiments et ne fait que déplacer le problème». Lorsque l'eau frappe le muret, l'énergie de la vague est dispersée, la masse d'eau est déplacée et cause l'érosion du terrain du voisin! Si ce dernier érige lui aussi un muret, le problème sera relayé au suivant, etc...
Des solutions naturelles
Les meilleures solutions sont celles qui consistent à agir en fonction du territoire et en donnant un coup de main à la nature. Parmi les plus recommandées figure la végétalisation, qui a entre autres pour effet de stabiliser le talus.
Certains types de rosiers sauvages aux racines multiples contribuent à maintenir le sol en place. D'autres espèces indigènes, comme l'Élyme des sables d'Amérique, sont aussi très recommandées. Cette plante dont la taille peut dépasser un mètre, pousse rapidement et a un effet protecteur important. «Il faut s'informer avant de choisir une méthode plutôt qu'une autre», conclut M. Bachand.
De fait, certaines actions sont interdites, comme le déboisement ou la dévégétalisation des rives, le creusage ou la modification de la pente d'une plage ou encore certains travaux de déblaiement ou de remblaiement.
Les responsables du Comité ZIP ont déjà tenu quelques rencontres d'information dans les zones touchées ou menacées par l'érosion des berges. La prochaine aura lieu le jeudi 3 février, à 19h, à la salle municipale de Notre-Dame-des-Neiges. Vous pouvez aussi consulter le site www.zipsud.org pour avoir d'autres renseignements.